EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Christopher : l’exemple à suivre, encore … – Edito 07/09/2017

Hier nos confrères de Polynésie 1ère partageaient sur leur site web un extrait du documentaire « Alter Eco » du réalisateur Pierre Cambroux. Celui-ci recueillait le témoignage de Christopher Desvaux de Marigny, jeune chef d’entreprise dans la région de Montpellier. Cela faisait presque 20 ans que je n’avais pas lu ou entendu ce nom. Il s’agissait de ce jeune homme de bonne famille à l’allure sportive, blondinet aux yeux bleus à qui tout semblait réussir. Ses frères et lui étaient en gros mes voisins dans un lotissement de Punaauia, c’était la bande des beaux gosses avec laquelle secrètement j’avais envie de traîner, ces jeunes dans le vent qui vous agaceraient presque car vous aviez l’impression qu’ils avaient tout et que naturellement ils brillaient. Vous aviez envie d’être un peu dans leur lumière. Mais je n’ai pas eu l’occasion de les fréquenter plus que ça. Christopher avec qui un moment j’ai partagé la même passion pour un instrument de musique … la flûte traversière, où il était là encore bien meilleur que moi, était reparti en métropole pour ses études.

Je me souviens avoir pleuré ; seul dans l’intimité de ma chambre, sans jamais ne le dire à personne, le jour où j’ai appris qu’alors âgé de 23 ans il avait eu un accident de plongeon et qu’il s’était retrouvé paraplégique. Celui que j’idolâtrais secrètement, se retrouvait victime d’une horrible injustice de la vie. Happé dans la spirale des opérations chirurgicales, des convalescences, des rééducations, de l’impossibilité de se mouvoir autrement que dans un fauteuil roulant, son destin que je m’étais imaginé tellement lumineux donc s’était assombri contre toute attente. J’en ai été traumatisé, j’y ai souvent repensé tout au long de ma vie, comme une sorte de balise qui était là pour vous signifier que rien n’était jamais acquis, que tout pouvait basculer d’un moment à l’autre et que celui que vous enviiez un jour était potentiellement susceptible le lendemain d’être dans la position inverse.

Jusqu’à cet extrait de documentaire hier je n’avais jamais eu de nouvelles de Christopher, je n’avais pas non plus cherché à en obtenir, sans doute par pudeur et parce que finalement je n’avais pu construire un lien amical aussi fort que celui qu’au fond je convoitais. J’ai ainsi appris que malgré son handicap injuste, il n’avait pas renoncé à tous ses rêves. Il a su fonder une famille magnifique et démontrer des trésors d’ingéniosité pour concevoir et usiner avec sa société Evom, des coques articulées pour les dossiers des fauteuils roulants, afin de réduire les douleurs dorsales.

Comme quoi être physiquement réduit n’est qu’une vue de l’esprit, les forces qui peuvent être puisées ailleurs ont effectivement le potentiel de continuer à faire de vous, quel que soit l’état de votre corps, un réel exemple à suivre. A nous de faire comme Christopher d’une fatalité, non pas une fin, mais le début d’autre chose, de plus grand.

extrait du documentaire :

Article précedent

Journal de 7:30 le 07/09/2017

Article suivant

Fenua style dévoile le clip d’Héritage

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire


Dernières vidéos

PARTAGER

Christopher : l’exemple à suivre, encore … – Edito 07/09/2017