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Citerne d’Erima : 2 ans avec sursis requis contre Flosse, simple amende contre Fritch

L’affaire de la citerne d’eau d’Erima a finalement été jugée jeudi par le tribunal correctionnel de Papeete. L’actuel maire de Pirae et président de la Polynésie, Edouard Fritch, et l’ancien maire de la commune, Gaston Flosse comparaissaient pour « détournement de fonds publics » pour avoir fait supporter aux habitants de Pirae pendant plusieurs années la distribution en eau de la propriété du leader orange.

Le tant attendu procès de l’affaire de la citerne d’eau d’Erima a enfin eu lieu jeudi devant le tribunal correctionnel de Papeete. A la barre, l’actuel président du Pays et maire de Pirae, Edouard Fritch, et son prédécesseur aux deux postes, Gaston Flosse. Les deux hommes politiques ont du s’expliquer sur le fait d’avoir fait supporter aux habitants de Pirae la distribution en eau de la propriété du leader du Tahoera’a située à Erima sur la commune de Arue. Une situation qui a duré de 1989 à 2008.

A l’époque, Erima n’était pas alimenté en eau par la commune de Arue. Gaston Flosse, alors président du syndicat centrale hydraulique, et le maire d’Arue, Jacky Teuira, s’étaient mis d’accord pour faire construire une station à Nahoata. Le leader orange s’était ensuite raccordé à celle-ci, en passant par le terrain de deux autres propriétaires, dont Jacky Teuira, qui avaient aussi bénéficié de l’eau gratuitement. Plus tard plus d’une vingtaine de propriétaires avaient profité de l’eau gratuite. L’affaire avait été mise au jour bien plus tard par un courrier anonyme dénonçant les faits et un rapport de la chambre territoriale des comptes qualifiant la situation de « clandestine ».

En début d’après-midi, Edouard Fritch a été entendu pour s’expliquer sur le fait d’avoir « fermé les yeux » sur cette situation alors qu’il était maire de Pirae entre 2001 et 2008. Pour justifier sa position, le président du Pays a expliqué avoir été face à « un dilemme, celui de ne pas pouvoir couper l’eau aux résidents de Erima, et celui de ne pas pouvoir facturer ses résidents dépendants de la commune de Arue ». Le leader du Tapura a tenté d’expliquer qu’il avait voulu régler la situation en lançant des recherches sur la situation des canalisations afin de procéder à une facturation : « Il n’a jamais été question de ne pas facturer parce que Gaston Flosse vivait en haut, d’ailleurs je l’ai prévenu que j’allais régulariser la situation et il ne s’y est pas opposé ». Interrogé sur sa vision a posteriori de la situation, Edouard Fritch a concédé que cela été « condamnable, on aurait peut-être du aller beaucoup plus vite pour régler cette affaire ».

Le manque à gagner de cet arrangement a été chiffré à 87 millions de Fcfp par la commune, qui s’est d’ailleurs portée partie civile contre son maire actuel.

De son côté, Gaston Flosse a indiqué directement « ne pas reconnaitre les faits reprochés » et qu’Edouard Fritch était tout à fait au courant de la situation…Pour se justifier, l’ancien président du Pays a affirmé avoir agi pour l’intérêt public : « C’est pour économiser de l’argent à ma commune que j’ai fait un accord pour laisser passer mes conduites et qu’elles se raccordent gratuitement ». Un arrangement qui a tout de même coûté 600 000 Fcfp par mois en électricité de la station de pompage pour quatre habitations aux habitants de Pirae, « ce n’est pas possible, je ne sais pas, ce sont des voleurs ! ».

Finalement, le procureur de la République, Hervé Leroy, a requis à l’encontre de Gaston Flosse deux ans de prison avec sursis, trois ans de privation des droits civiques, civils et de famille, interdiction définitive d’exercer une fonction publique et 10 millions de Fcfp d’amende. Le représentant du ministère public a été plus clément avec Edouard Fritch estimant qu’il avait « subi » la situation. Une amende 5 millions de Fcfp a donc été requise.

Le tribunal correctionnel de Papeete a mis sa décision en délibéré au 27 juin prochain.

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1 Commentaire

  1. Iritahua
    7 juin 2019 à 6h31 — Répondre

    Comment donné de bon exemple avec des pourritures pareils qui nous gouvernent. ÉCŒURANT.

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