
Antony Géros organise les 19 et 20 mars prochains à l’assemblée de la Polynésie française un colloque sur le thème de la cherté de la vie, avec dans le viseur les marges arrière de la grande distribution. Tout en se défendant de vouloir destabliser le gouvernement, « il faut qu’on arrive à insuffler une volonté réelle de ceux qui sont aux affaires du Pays ou de l’assemblée de faire avancer les choses », notamment en présentant ensuite des propositions de loi ou de délibération. D’autres rendez-vous similaires pourraient être organisés sur le foncier ou la réforme de la PSG, car « à ces trois sujets, on n’a pas encore de réponse satisfaisante. »
Le président de l’assemblée veut « essayer de trouver des solutions ou donner des préconisations qui puissent, dans le cadre pragmatique, être réalisées au niveau soit de l’Assemblée, soit du Pays. » Il organise donc un colloque sur la cherté de la vie le mois prochain. « Il faut qu’on arrive à insuffler une volonté réelle de ceux qui sont aux affaires du pays ou de l’Assemblée à faire avancer les choses en matière de solutions de lutte contre la cherté de la vie. »
Pour profiter de la venue des experts qui se réunissent à Tahiti à l’occasion des 10 ans du droit polynésien de la concurrence, la date du colloque est fixée aux 18 et 19 mars. Anthony Géros est particulièrement intéressé par le regard des invités de la zone Pacifique, « qui pourront nous éclairer sur la difficulté des économies insulaires comme la nôtre, et comment lutter contre les marges arrière. »
Le président de l’assemblée espère bien que le colloque sera suivi de propositions de loi ou de délibération – ce qui explique sans doute l’agacement que l’événement provoque côté exécutif. « Mais en tous les cas, affirme Antony Géros, il y aura des préconisations qui vont permettre à tout un chacun de se rendre compte qu’il y a des moyens d’action pour essayer de lutter contre la cherté de la vie. »
« On essaye de donner un peu la cadence »
Le colloque, dit Antony Géros, participe de sa volonté de mieux informer et impliquer les élus. Et de modifier les équilibres entre législatif et exécutif. « Je me réjouis du fait que depuis 2023, il y a quand même une évolution pour faire mieux ou pour essayer de faire mieux dans la volonté des élus, mais toujours en gardant la cohésion avec le gouvernement. Pas pour se défaire du gouvernement, mais au contraire, là où nous, on pense, peut-être à tort, que le gouvernement est un peu lent, on peut les obliger à accélérer le pas et là où ils sont trop rapides, on peut les obliger à ralentir un peu le pas. Donc on essaye de donner un peu la cadence. »
Antony Géros se défend donc de vouloir déstabiliser le gouvernement : « On n’est pas venu pour déranger l’ordre. Il y a quand même une politique publique qui est initiée par le gouvernement, on suivra cette politique. »
Le président de l’assemblée espère faire de ce colloque le premier d’une série. Il revient à la bible, le programme du Tavini : « Il y a trois sujets qui ressortent de la propagande électorale. Le premier sujet, c’est indéniable, c’est la cherté de la vie. » Pour ne pas « partir dans tous les sens », il a jugé préférable de se concentrer, le mois prochain, sur les prix de l’alimentation, mais il cite également l’électricité et les transports publics au rang des préoccupations économiques qui méritent d’être abordées dans ce cadre. « Le deuxième sujet, c’est le problème du foncier. Il faut qu’on trouve des solutions. Et le troisième sujet, c’est notre couverture sociale qu’il faut pérenniser, la PSG. À ces trois sujets, on n’a pas encore de réponse satisfaisante. »