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Colombie: cessez-le-feu avec les Farc à partir de lundi

Bogota (AFP) – Le président colombien Juan Manuel Santos a appelé dimanche à dire « oui à la paix » à la veille du cessez-le-feu avec la guérilla des Farc, après plus d’un demi-siècle de conflit armé.

« Nous voulons être un pays sans les stigmates de la guerre », a lancé le président Juan Manuel Santos, en appelant les Colombiens à dire « oui à l’avenir, oui à la paix » lors du référendum sur les accords avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), principale guérilla du pays.

Dès le lendemain de la conclusion le 24 août de ces accords, M. Santos a ordonné un cessez-le-feu envers les Farc à partir de lundi 00h00 (05h00 GMT).

« La paix (…) commence à être réalité », a tweeté samedi le chef suprême des Farc, Timoleon Jimenez alias « Timochenko ». « En train de préparer avec beaucoup d’émotion l’annonce la plus importante de ma vie », a-t-il ajouté dimanche, dans un autre message suivi du hashtag #VamosPorLaPaz (En avant pour la paix).  

« Timochenko » devrait confirmer l’arrêt des hostilités que les Farc observent unilatéralement depuis le 20 juillet 2015 en gage de bonne volonté envers le processus de paix, le gouvernement ayant pour sa part suspendu ses bombardements aériens sur les rebelles.

Légalement, le cessez-le-feu, bilatéral et définitif tel que convenu lors des pourparlers, n’entrera toutefois en vigueur que le jour de la signature officielle des accords, prévue entre le 20 et le 26 septembre.  

Mais c’est la première fois que le gouvernement et les Farc, issues en 1964 d’une insurrection paysanne et qui comptent encore quelque 7.500 combattants, conviennent ensemble d’un tel cessez-le-feu. Précédemment, une trêve, conclue en 1984 sous la présidence de Belisario Betancour, avait échoué.

– De la guérilla à la politique –

Les Farc ont par ailleurs convoqué pour la mi-septembre leur Xe conférence, qui doit ratifier les accords négociés pendant près de quatre ans à La Havane et détaillés dans un document de 297 pages, diffusé sur internet et les réseaux sociaux, ainsi que par les médias.

Cette « dernière conférence de notre organisation en armes (…) ratifiera les accords de paix et entérinera la transformation des Farc en mouvement politique légal », ont-elles indiqué samedi dans un communiqué.

Prévue du 13 au 19 septembre dans la plaine du Yari, à San Vicente del Caguan, ex-fief de la guérilla dans le sud du pays, la conférence réunira 200 délégués des Farc, dont les 29 membres de l’état-major.

Fait exceptionnel, elle sera ouverte à 50 invités nationaux et internationaux, ainsi qu’à la presse. « L’importance historique de cet évènement justifie que les peuples de Colombie et du monde s’informent directement du déroulement et des conclusions » de la conférence, ont expliqué les rebelles.

La « signature solennelle » des accords par M. Santos et « Timochenko » est prévue « entre le 20 et le 26 septembre », a annoncé le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas.

Ce sera alors, a-t-il précisé, « le Jour J » du début du regroupement des guérilleros dans 22 zones et huit campements, répartis dans tout le pays, pour entamer leur désarmement, prévu sur six mois sous supervision des Nations unies.

    

– Décider entre guerre et paix –

M. Santos avait déclaré jeudi à la chaîne américaine CNN que les accords pourraient être signés à Cuba, à Bogota ou au siège des Nations unies à New York, où se tiendra alors l’Assemblée générale de l’ONU.

Puis les Colombiens seront appelés à se prononcer lors d’un référendum le 2 octobre. Pour l’emporter, le « oui » à la paix devra recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l’électorat), et le « non » un score plus faible.

Le chef des négociateurs gouvernementaux, Humberto de la Calle, a écarté toute renégociation en cas d’échec, estimant que « c’est le moment de décider ».

La paix ne sera pas pour autant complète en Colombie. Il reste au gouvernement à négocier aussi avec l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), autre guérilla encore active avec quelque 1.500 combattants. Les deux parties ont annoncé le 30 mars leur volonté d’entamer des pourparlers. Mais aucune date n’a été fixée. 

Le plus ancien conflit des Amériques, qui au fil des décennies a impliqué rébellions d’extrême-gauche, milices paramilitaires d’extrême-droite et forces armées, sur fond de violence des narco-trafiquants, a fait au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

Le président colombien Juan Manuel Santos tient une copie de l'accord de paix avec les FARC, à Bogota, le 25 août 2016. © AFP

© AFP/Archives IVAN VALENCIA
Le président colombien Juan Manuel Santos tient une copie de l’accord de paix avec les FARC, à Bogota, le 25 août 2016

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