EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Combats de coqs : 2015 et toujours barbares … – Edito 03/11/2015

Quel plaisir peut-on avoir en 2015 d’assister au combat, souvent à mort, de deux animaux ? Le vice est poussé jusqu’à les entrainer, les dénaturer complètement pour en faire des bêtes féroces qui se réduisent en charpie sous les holas des fans du genre.

On est quand même réellement en droit de se demander pourquoi il y a deux poids deux mesures dans les progrès de civilisation que notre espèce humaine est censée avoir fait les siècles passés. Bien entendu on peut se dire qu’on n’est déjà pas capable de s’empêcher de tuer d’autres hommes au nom de la religion ou pour étendre ses frontières, alors les animaux, ça peut passer à l’as. Mais je ne suis pas d’accord, à partir du moment où nous sommes conscients que nous créons et entretenons la souffrance d’un être vivant juste pour le fun, à quel moment avons-nous en fait perdu notre statut d’être doué de discernement ?

Je vous parle des chiens, c’est vraiment underground, mais aussi et surtout des coqs où des fortunes non imposables sont pariées et dépensées toutes les semaines au Fenua pour que sur le sol de la république française on puisse orchestrer dans la légalité la mise à mort sordide d’animaux. Il est aberrant qu’au 21ème siècle que malgré la profusion de nouveaux divertissements qui ont le potentiel de ne blesser rien n’y personne, la loi française cautionne hypocritement ces pratiques sous couvert de tradition. Mais quelle tradition ? Ce n’est pas du tout traditionnel de faire se combattre à mort des gallinacés, c’est un truc qui a été piqué aux asiatiques quoi qu’essaie de vous faire croire par exemple des chefs de groupe de danse au Heiva. Je lisais un article hier qui relevait que cela faisait 700 ans qu’en Thaïlande ils organisaient ces boucheries, parfois en rajoutant des lames aux ergots de leurs coqs. C’est un aveu d’échec épouvantable, en 700 ans ce pays en est donc encore réduit à se complaire dans un obscurantisme et des pratiques moyenâgeuses.

Comment être crédible à refuser l’instauration de casinos avec consignes et mesures de sécurité pour filtrer les entrées alors qu’on laisse une économie parallèle douteuse prospérer au vu et au su de tout le monde ? Comment ne pas réaliser que c’est un progrès de civilisation de parier sur un numéro à la roulette, au lieu de le faire sur la vie d’un des symboles mondiaux de la France qu’on laisse s’ensanglanter ?

Nous vivons dans une société hypocrite qui fait ce qu’elle veut quand ça l’arrange. Pour éclaircir mon propos et ne pas passer pour le blanc moralisateur figurez vous que je pense exactement de pratiques plus occidentales comme la Corrida. Se repaître du prix du sang est en soi la preuve que le coq n’est manifestement pas ici le seul à battre de l’aile …

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1 Commentaire

  1. 3 novembre 2015 à 16h17 — Répondre

    Je ne suis pas toujours d’accord avec les Editos d’Alexandre Taliercio, mais là j’avoue que je cautionne ses dires ! On se revendique pays modernisé, et pourtant à l’ére du haut débit ,on continue à se comporter comme des êtres primitifs en prenant comme excuses les coutumes ancestrales qui bien souvent n’en sont pas !Toutes ces pratiques barbares envers les animaux font reculer le pays , le tourisme qui est la base de l’économie de la Polynésie .Il faut Frapper un grand coup et mettre en place des sanctions exemplaires si on veut que l’économie redémarre et que le pays se relève ,on va droit dans le mur et tout le monde s’en fou !

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Combats de coqs : 2015 et toujours barbares … – Edito 03/11/2015