EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Combats de coqs : une zone de non droit à Punaauia – Edito 08/09/2016

Cette histoire pourrait être la vôtre, ou la mienne. Elle se passe chez nous à Tahiti, territoire autonome mais régi par les lois de la République française, jusqu’à preuve du contraire. Il y a quelques années, de jeunes couples, des familles, ont décidé de faire l’investissement de leur vie en achetant un lopin de terre et en faisant construire leur domicile tant rêvé dans un joli lotissement de Punaauia près de la Punaruu.  Une âme s’y développe petit à petit, le quartier prend vie, les amitiés se nouent, les y enfants jouent ensemble.

Mais ça c’était avant. Oui, avant que dans le lotissement Sage au vu et au su des autorités de la commune et de l’Etat et malgré une interdiction formelle telle que définie par une loi de 1964, un gallodrome ne s’y établisse dans les hauteurs. Je parle d’un bâtiment qui abrite des combats de coqs. Depuis, le dimanche c’est juste l’horreur, les nuisances sonores sont la partie audible, le reste se traduit par un trafic routier qui explose les limites du raisonnable avec des files indiennes parfois de plus de 150 voitures qui montent et qui descendent. Et ces familles qui n’avaient rien demandé à personne subissent un stress absolument inadmissible, pas un dimanche de tranquillité, comme vous pouvez vous en rendre compte avec ces sons enregistrés par une résidente qui vit pourtant à plusieurs centaines de mètres du pitt. Ecoutez. (captation sonore de vacarme). Vous ne pèteriez pas un câble vous à leur place ?

D’ailleurs, en juillet de l’année dernière le Conseil Constitutionnel auquel deux Réunionnais qui venaient d’ouvrir un gallodrome avaient posé une question prioritaire de constitutionnalité, a confirmé, au grand déboire de ces derniers, l’absolue interdiction qui court depuis la loi de 1964 de créer partout sur le Territoire de la République de nouvelles arènes, et ce y compris dans les régions où la pratique existe en vertu d’une tradition locale ininterrompue. Les autorités alertées pourtant depuis des années par les résidents du lotissement Sage, après des plaintes déposées directement auprès de l’ancien procureur de la République, ne font rien. La police municipale et la gendarmerie n’y sont présents que lorsque les caméras s’y déplacent, c’est une zone de non droit où sont brassés des millions de francs pacifiques qui échappent à tout contrôle, à toute fiscalité, et où, ne soyons pas naïfs, le blanchiment d’argent a toute chance de régner en maître. Accessoirement tout ça se faisant, je le glisse au passage, sur la souffrance d’animaux et au prix de leur sang.

Comment est-il possible qu’à ce point les lois de la République soient bafouées ? Quels peuvent donc être les réseaux d’influence et dans quelles espèces de sphères agissent-elles pour que cette situation de non droit puisse perdurer ainsi au beau milieu d’un lotissement ? C’est une honte, tout simplement.

Après ce nouveau focus médiatique, qui peut être le premier d’une série en tant que de besoin, bonne nouvelle, peu de chances que la justice continue de jouer aux singes de la sagesse parce que nous on voit, nous on entend et nous on parle. Cocorico !

Article précedent

Vincent Cassel à Tahiti

Article suivant

Hollande, presque candidat, éreinte la droite et défend l'Etat de droit

1 Commentaire

  1. DavidR
    10 septembre 2016 à 12h37 — Répondre

    Entendre cette populace qui exulte sa joie devant ces combats me donne l’envie de vomir. Bref, il faudrait un être courageux ou mieux une association de riverains pour aller en justice et faire fermer ce cirque. Les combats d’animaux sont répugnants et doivent être interdits. Donc, qui va au combat à Punaauia contre la violation du droit? Parler c’est bien mais agir c’est mieux. Un ami des animaux à Moorea vous salut.

Laisser un commentaire


Dernières vidéos

PARTAGER

Combats de coqs : une zone de non droit à Punaauia – Edito 08/09/2016