EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Comment dit-on « on comprend rien » en anglais ? – Edito 30/09/2020

C’est dommage que le premier des trois débats opposant Donald Trump à Joe Biden ait eu lieu hier et non pas en ce mercredi 30 septembre, journée mondiale de la traduction. Trois chaînes françaises qu’il est possible de recevoir au Fenua le diffusaient en direct à 15h chez nous, BFM TV, LCI et France 24. Chacune proposait sa propre traduction simultanée. De guerre lasse, j’ai fini par rester sur la première que je viens de citer car il m’est apparu que c’était la moins pire. Vous l’avez compris, aujourd’hui je n’aborderai pas le fond, mais la forme de cette rencontre au sommet même si celle-ci avait trop souvent pendant son déroulement des allures de fond … du trou.

Certes en métropole il était 3h du matin, et trouver des traducteurs frais et dispos à cet horaire était peut-être un peu plus compliqué que d’habitude, mais de là à embaucher des types qui semblaient pour certains ânonner et parler dans leur sommeil, il ne faut pas abuser non plus. Des pans entiers des propos des deux candidats à la présidentielle américaine ont été caviardés parce que ces messieurs n’étaient tout simplement pas assez performants dans ce type d’exercice pour s’adapter à la fluidité et au dynamisme des échanges. Chaque intervenant, y compris le modérateur du débat, bénéficiait de son propre traducteur attitré qui n’osaient pas chevaucher leurs propos comme c’était le cas sur le plateau, ou quand ils finissaient par oser se lancer ils n’avaient pas leur micro réglé à la même intensité ce qui faisait que c’était totalement incompréhensible.

Faut-il rappeler qu’en plus là c’était de l’anglais à traduire en français, c’était le débat des candidats à la présidence de la première puissance mondiale, pas une joute oratoire entre deux locuteurs Tamoul pour gagner une élection locale au Sri Lanka !

Du coup, pas démoralisé pour un sou mais un peu remonté quand même j’ai voulu vérifier si dans un futur plus ou moins proche il allait être possible de s’affranchir d’apprendre des langues étrangères et donc d’éviter dans 4 ans d’avoir recours à 3h du mat aux seconds couteaux de la traduction simultanée. J’ai donc pu découvrir que de grosses sociétés planchent très sérieusement sur la question afin de permettre des conversations avec très peu de latence entre deux personnes pratiquantes des langues différentes. Le tout boosté aux algorithmes informatiques et à l’intelligence artificielle capable de comprendre le contexte de l’échange et les particularités culturelles des interlocuteurs. Mais cela mettra encore au moins une bonne décennie avant de débarquer sur le marché.

Et dire que ce weekend je m’extasiais en bon fan de science-fiction sur le traducteur universel dont sont dotés les membres de Starfleet dans l’univers Star Trek. Bah vous savez quoi ? On n’y est pas. Alors en attendant « Nam valiyai poṟumaiyāka eṭuttuk koḷvōm », allez c’est cadeau, c’est du Tamoul et ça veut dire « prenons notre mal en patience ».

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