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Comment les hommes de demain se formatent de manière tordue – Edito 05/02/2020

On entend où on lit de plus en plus souvent l’expression « Media Mainstream ».  C’est en fait un terme qui est utilisé pour désigner collectivement les divers grands médias dits « de masse » qui influencent les foules et qui sont donc censés refléter et façonner les courants de pensée dominants. Il est notamment utilisé pour contraster avec les médias dits « alternatifs » qui peuvent proposer un contenu avec une pensée plus dissidente en contradiction avec les vues dominantes des fameuses sources traditionnelles.

Une étude de Médiamétrie en 2018 relevait que si les 15-34 ans étaient de moins en moins adeptes de la télévision et de la radio, ils n’en étaient pas moins amateurs d’actualité. Sauf que les réseaux sociaux sont devenus pour 71% d’entre eux la principale source d’accès à l’information.

Et sur ces derniers les fameux médias « mainstream » n’ont absolument pas le monopole de diffusion de l’information.  Avec les médias dits « alternatifs » si la guerre était d’abord larvée, elle est dorénavant bien moins discrète et se règle soit à force d’une surenchère de titres racoleurs, soit via une surabondance de contenus mis en ligne. Certains en ont profité et se sont glissés dans l’équation, en étant mis quasiment sur le même pied d’égalité en termes de capacité de diffusion, les fameuses Fake News prolifèrent. Mais attention aux mauvais raccourcis, c’est plus compliqué qu’il n’y parait : un média alternatif n’est pas nécessairement et systématiquement pour autant une source de fausses nouvelles.

L’information a priori indépendante et objective basée sur les faits, quelle que soit la nature de son média d’origine, cohabite ainsi avec la propagande déguisée, les canulars, ou les élucubrations complotistes. Si un lecteur avisé, doté notamment par la force de l’âge d’une certaine maturité, est susceptible – et ce n’est pas toujours évident – de faire le tri, qu’en est-il des plus jeunes ? Ces futurs adultes qui se fabriquent un système de pensée, qui façonnent leur libre arbitre, sur la base du grand tout et du n’importe quoi, sans peu ou pas de guide ?  La boîte de Pandore a été ouverte lorsque tous ceux qui étaient susceptibles de mettre en place des soupapes de sécurité ont laissé les réseaux sociaux connaître leur avènement. Mais ce qui est fait est fait, il n’est plus question de blâmer pour blâmer mais d’agir.

Quand des jeunes polynésiens partagent en toute bonne foi ce qu’ils pensent être la vérité alors qu’ils se mettent en fait au service de la contagion de la névrose obsessionnelle de certains, je pense qu’on peut considérer qu’il y a urgence à tout faire pour tenter de faire face à un péril immédiat dont le potentiel est de changer à termes la façon dont toute l’humanité va gérer sa vie en communauté.

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1 Commentaire

  1. Colombani Taïna
    8 février 2020 à 10h45 — Répondre

    Oui en effet Alex, c’est aussi un peu ce que j’ai essayé d’évoquer maladroitement sur la messagerie vocale des « coups de gueules », sur la fatale machine à « liberté » qui dit faux dans le vrai et blesse trop souvent des innocents sous couvert de Vérité. Raison pour laquelle je n’ai pas eu le courage de devenir journaliste.
    Mais j’ai toujours l’espoir qu’un nouveau fonctionnement de la communication puisse nous aider…

    Biz,
    Taïna

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Comment les hommes de demain se formatent de manière tordue – Edito 05/02/2020