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Comment peut-on encore préconiser de taper un enfant pour l’éduquer ? – Edito 15/03/2018

Évidemment que ce n’est pas du tout futé de caillasser des voitures qui passent car non seulement on les esquinte, mais il y a aussi le risque que le conducteur perde le contrôle et aille jusqu’à se tuer. Avec cette histoire de 3 ados de 13 à 15 ans qui se sont fait arrêtés et dont la presse s’est faite l’écho dès hier, j’ai vu un nombre absolument hallucinant de remarques qui préconisaient des châtiments physiques. Pour l’un il faudrait des baffes, pour un autre des coups de bambous, encore un autre du balais niau et j’en passe et des meilleures. J’ai lu aussi que c’était sûrement parce qu’ils n’avaient sans doute pas été suffisamment tapés dans leur vie qu’ils faisaient ce genre de bêtises.

Je dois bien vous avouer qu’à l’époque à laquelle on vit, dans un contexte où on entend, mais on le savait déjà, que les violences intra familiales sont plus bien plus importantes que dans d’autres territoires français, que la fameuse loi anti fessée est dans les tuyaux, ça fait drôle de voir à quel point on peut encore prôner haut et fort la violence comme facteur de bonne éducation. Ce qui est édifiant c’est de constater que ce sont la plupart du temps des personnes qui ont eux-mêmes eu à subir la sévérité de violences éducatives qui les préconisent. C’est certain que si on n’a rien connu d’autre, sa palette d’action est réduite, et on finit par reproduire des vieux schémas. Toutefois, le bon sens voudrait plutôt que l’on soit un peu plus curieux, que l’on se creuse la tête et que l’on cherche d’autres solutions quand on a nous même été victime de méthodes d’éducation non seulement expéditives mais qui laissent des traces, et pas que sur le corps.

Car figurez-vous que nombreuses sont les études qui tendraient plutôt à prouver que ce sont précisément les violences éducatives ordinaires qui sont sujettes à intervenir sur le développement de l’enfant. Les grosses bêtises pour lesquelles vous voudriez sévir en le tapant, sont en fait peut-être la cause des coups que vous lui avez déjà donné avant pour d’autres raisons. A un moment donné, dans le doute, il faut donc cesser d’entretenir ce cercle vicieux voire ne jamais rentrer dedans. Car quel est le message que vous imprimez dans son subconscient ? Toute simplement que la violence est une option valable pour résoudre un conflit. Qu’être humilié est un processus normal pour s’absoudre de sa faute.

Ainsi au lieu de se réveiller de sa torpeur éducative, d’une sorte de démission parentale, une fois que le mal est fait, et avant d’empirer le tableau, qu’on apprenne avant toute chose à parler à son enfant, prendre le temps de lui apprendre la différence entre le bien et le mal. Avec du temps et de l’amour, cela devrait suffire, pas besoin de frapper.

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Journal de 7:30, le 15/03/2018

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