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Compte à rebours enclenché pour l'astronaute français Thomas Pesquet

Baïkonour (Kazakhstan) (AFP) – Le Russe Oleg Novitsky, commandant de bord, l’Américaine Peggy Whitson et le Français Thomas Pesquet doivent décoller dans la nuit de jeudi à vendredi du cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) vers la Station spatiale internationale (ISS).

Les trois astronautes ont quitté leur hôtel à 20H25 heure locale jeudi soir (14H25 GMT) pour rejoindre en bus le bâtiment 254 du cosmodrome de Baïkonour, où ils enfileront et vérifieront leur scaphandre. Après cette procédure, qui dure deux heures, le futur équipage de l’ISS se rendra finalement sur le pas de tir.

Les trois astronautes ont pu faire leurs adieux à leurs proches à travers les vitres des deux bus qui les emportaient. Ils ne les reverront qu’en mai 2017, à leur retour sur Terre.

La Russie a la réputation d’effectuer ses lancements par tous les temps, et ni la neige qui a recouvert le cosmodrome, d’où la Russie est désormais la seule à pouvoir envoyer des hommes sur l’ISS, ni les températures glaciales ne devraient empêcher les 310 tonnes du lanceur Soyouz de s’arracher comme prévu du pas de tir à 02h20 heure locale vendredi (20h20 GMT jeudi).

Presque neuf minutes après le décollage du mythique lanceur russe, la capsule Soyouz MS-03 se séparera du troisième étage de la fusée pour se placer en orbite à 200 km au-dessus de la Terre.

L’équipage entamera alors un périple de plus de 48 heures dans ce minuscule module de seulement 2,5 mètres de long. La mission, pour les trois astronautes, sera de se mettre à la même altitude que la Station spatiale internationale, qui tourne à 28.000 km/h à 400 km au-dessus du globe terrestre. L’amarrage de la capsule Soyouz au vaisseau orbital est prévu samedi 19 novembre à 22h00 GMT.

En six mois sur l’ISS, Thomas Pesquet doit mener pas moins de 62 expériences pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA) et du Centre national d’études spatiales (CNES), l’agence spatiale française. Sans compter les 55 autres expériences qui doivent être menées en coopération avec les agences spatiales américaine, canadienne et japonaise.

Le Français étudiera ainsi l’impact de l’apesanteur sur la musculature, une analyse dont les résultats pourraient aider à soigner les myopathies. Il essaiera aussi des technologies susceptibles de révolutionner la purification de l’eau ou des matières autonettoyantes utilisables à terme dans les hôpitaux. Il a même dû subir un prélèvement de tissus au mollet, qui pourront ainsi être comparés après son séjour dans l’espace.

Peggy Whitson mènera elle des expériences sur l’impact de la lumière sur le cycle de sommeil, tandis qu’Oleg Novitsky, pour le compte de l’agence spatiale russe Roskosmos, conduira plus de 50 expériences scientifiques.

 – Gastronomie spatiale –

Mais la vie dans l’ISS aura aussi ses bons côtés. « On aura de la nourriture de chef étoilé avec nous », a souri Thomas Pesquet lors de sa dernière conférence de presse avant le départ, mercredi, en référence aux langues de boeuf au foie gras truffé, aux suprêmes de volaille aux morilles et aux magrets de canard confits préparés par les chefs Alain Ducasse et Thierry Marx pour les fêtes de fin d’année et conditionnés pour être mangés en apesanteur.

Les trois nouveaux arrivants seront accueillis samedi soir par l’astronaute américain Shane Kimbrough et les cosmonautes russes Sergueï Ryjikov et Andreï Borissenko, arrivés le 19 octobre.

Le commandant de bord du Soyouz, Oleg Novitsky, a une grande l’expérience de l’espace. A 45 ans, cet ancien pilote de l’armée de l’air russe, qui vient de devenir père, a passé cinq mois sur l’ISS en 2012 et 2013.

A 56 ans, l’Américaine Peggy Whitson cumule déjà 376 jours dans l’espace et totalise six sorties extra-véhiculaires. Elle a déjà deux séjours sur l’ISS à son actif. Son premier vol remonte à 2002, alors que la Station spatiale était encore en train d’être assemblée.

Face à ses coéquipiers, Thomas Pesquet, ancien pilote de ligne âgé de 38 ans qui deviendra le dixième Français à s’envoler dans l’espace, et le premier depuis 2008, fait figure de « petit jeune ».

Le président français François Hollande a salué sur Facebook le « parcours exemplaire » de Thomas Pesquet. « Merci à tous les pionniers qui, comme Thomas Pesquet, rendent possible » l’aventure spatiale, a-t-il ajouté.

L'astronaute français Thomas Pesquet, le 17 novembre 2016 à Baïkonour au Kazakhstan. © AFP

© AFP Kirill KUDRYAVTSEV
L’astronaute français Thomas Pesquet, le 17 novembre 2016 à Baïkonour au Kazakhstan

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