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Concurrents, Hollande et Valls tentent d'arrondir les angles

Paris (AFP) – François Hollande et Manuel Valls ont tenté mercredi d’arrondir les angles après plusieurs jours de turbulences dans le couple exécutif alimentées par une rivalité croissante entre un président affaibli et un Premier ministre qui ne cache plus ses ambitions présidentielles.

Signe de ces tensions au sommet de l’Etat, l’affaire a exigé un énième recadrage en Conseil des ministres, dûment rapporté devant la presse par le porte-parole du gouvernement, le très hollandais Stéphane Le Foll.

Une nouvelle fois donc, François Hollande a été contraint d’enjoindre à ses ministres et au premier d’entre eux de faire preuve de « cohésion » et de « solidarité ». En réponse, le chef du gouvernement s’est engagé à « défendre » le bilan du quinquennat.

Les relations entre eux s’étaient brusquement crispées jeudi quand Manuel Valls avait confié avoir ressenti de la « colère » après la publication de confidences polémiques du chef de l’Etat dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça… ».

Interrogé sur le climat du Conseil des ministres, Stéphane Le Foll a évoqué « un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne », formule qui n’est pas sans rappeler le « je décide, il exécute » de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy.

Les deux têtes de l’exécutif qui avaient partagé auparavant leur traditionnel petit-déjeuner du mercredi se sont retrouvées ensuite à déjeuner, l’occasion, selon un proche du président, de parvenir à un modus vivendi.

« Ils se sont mis d’accord, chacun a compris l’autre », a assuré cet intime, selon lequel « le problème est lié à l’incertitude sur l’annonce de la candidature » du président, qui « comprend que Manuel Valls ait des ambitions s’il ne se présentait pas ».

« Cet entre-deux », jusqu’à la décision début décembre de Hollande de se représenter ou non, « est difficile à gérer, crée une sorte d’excitation dans la majorité, il y a de la nervosité dans l’air », selon cet ami du président.

-« Chacun à sa place »-

Pour ce dernier, les sondages se suivent et se ressemblent. François Hollande a sans doute touché le fond à la mi-octobre avec une enquête qui ne lui accordait plus que 4% de bonnes opinions, dans la foulée de la parution de « Un président ne devrait pas dire ça… »

Mais un nouveau sondage publié mercredi par Ifop-Fiducial confirme son impopularité record avec 16% de satisfaits contre 83%. Plus inquiétant encore pour le chef de l’Etat: sa cote a chuté de 5 points en un mois quand celle du Premier ministre a repris des couleurs, progressant de 6 points à 34%.

A l’Elysée, on feint la normalité. Le petit-déjeuner, dit-on, s’est déroulé dans une « ambiance tout à fait habituelle, avec la volonté de travailler pour le pays, chacun étant à sa place ».

Mais la majorité est au bord de la crise de nerfs. « Stop aux commentaires des commentaires du commentaire », a imploré le patron des sénateurs PS, Didier Guillaume.

Signe de la fébrilité ambiante: des propos vénéneux d’Alain Rousset, le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine, ont semé le trouble ce weed-end.

Celui qui se livre à des « incantations sur le chômage dont la courbe se retourne ou la croissance qui revient, celui notamment qui s’exprime régulièrement là-dessus depuis cinq ans, devrait la fermer », avait-il lancé devant une « Université de l’Engagement » organisée par le PS en Gironde.

« Il ne nous a pas aidés. Il a un boulot à faire, mais à un moment donné, les Français ressentent autre chose », avait-il poursuivi sans préciser qui était ce « il ». M. Rousset a dû ensuite se défendre d’avoir visé le chef de l’État, assurant qu’il évoquait implicitement le ministre de l’Économie, Michel Sapin.

Manuel Valls et François Hollande à l'Elysée le 4 avril 2016. © AFP

© AFP/Archives LIONEL BONAVENTURE
Manuel Valls et François Hollande à l’Elysée le 4 avril 2016

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