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Condamné en 1997 pour l'assassinat de son fils, Jean-Louis Turquin tué à son domicile

Basse-Terre (France) (AFP) – Ultime rebondissement dans l’affaire Turquin? Jean-Louis Turquin, condamné en 1997 à Nice pour l’assassinat de son fils, a été retrouvé mort avec un impact de balle « dans le dos », dans la nuit de vendredi à samedi à son domicile de l’île de Saint-Martin.

Dans une affaire qui avait défrayé la chronique, le vétérinaire avait été condamné par la cour d’assises de Nice à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son fils de 8 ans, Charles-Édouard, qu’il aurait commis en 1991 pour se venger de son épouse qui voulait divorcer. Le corps n’a jamais été retrouvé et Jean-Louis Turquin avait toujours clamé son innocence.

Après la découverte de son corps, une « enquête de flagrance » pour meurtre a été ouverte et confiée à l’antenne de Saint-Martin de la section de recherches de la gendarmerie de Pointe-à-Pitre, a indiqué samedi à l’AFP Samuel Finielz, procureur de Basse-Terre. 

Une voisine a alerté les gendarmes « vers une heure du matin », après avoir été avertie par la deuxième épouse de la victime. Selon le procureur, cette dernière a expliqué avoir trouvé le corps « en rentrant d’une soirée », « dans la chambre à coucher », au domicile du couple à Mont-Vernon, dans le nord-est de l’île.

Le corps avait « un impact de balle dont l’orifice d’entrée se trouvait dans le dos » et « deux étuis percutés » ont été trouvés par les gendarmes, a précisé le procureur. « Les lieux avaient visiblement été fouillés », a-t-il indiqué, précisant que « toutes les hypothèses » étaient envisagées. 

Selon les premiers éléments de l’enquête, il n’y aurait pas de trace d’effraction, mais le portail et la porte d’entrée du domicile « restaient régulièrement ouverts » du fait de l’activité professionnelle de la victime, des animaux circulant dans l’enceinte de la propriété.

Dans l’affaire de la disparition de son fils, Jean-Louis Turquin, dont toutes les requêtes en révision de procès avaient été rejetées, avait bénéficié en juillet 2006 d’une mesure de libération conditionnelle après dix ans de prison.

– « Exploiter jusqu’à ma mort » –

A sa sortie de centre de détention de Casabianda (Haute-Corse), le vétérinaire avait dit vouloir consacrer sa « nouvelle » vie à chercher ce qui était arrivé à son fils, disant ne pas savoir « s’il est encore vivant ou mort ».

« Je n’ai pas de piste privilégiée, mais je vais toutes les exploiter jusqu’au bout, jusqu’à ma mort », avait-il lancé.  

Le 21 mars 1991, M. Turquin, en instance de divorce, avait signalé la disparition de Charles-Edouard. Le 6 mai, son épouse l’avait enregistré à son insu avouant avoir tué leur fils et enterré son corps dans une commune voisine.

Mais le vétérinaire avait, plus tard, affirmé qu’il était à ce moment-là « follement amoureux de (s)a femme, prêt à dire n’importe quoi pour qu’elle revienne ».

A sa sortie de prison, il avait juré d’explorer « deux pistes », écartées lors de précédentes demandes de révisions. Une « piste israélienne », après les affirmations en 1993 et 1999 d’un détective privé et un témoin sur la présence de l’enfant dans une école talmudique en Israël, où sa mère s’était rendue avant sa disparition. 

Et une piste d’accident. Un détenu à Toul, Paul Buchheit, aurait rapporté qu’un co-détenu lui avait dit avoir percuté l’enfant lors d’un cambriolage et avoir fait disparaître le corps, avait déclaré un avocat en juillet 2003. 

Remarié en 2000 avec une femme, qui avait appris son existence par la presse, l’avait rencontré au parloir et l’avait épousé en détention, Jean-Louis Turquin s’était installé à Saint-Martin en 2010.

Jean-Louis Turquin, condamné en 1997 à Nice pour l'assassinat de son fils, quitte la prison de Casabianda (Corse), le 18 juillet 2006. © AFP

© AFP/Archives STEPHAN AGOSTINI
Jean-Louis Turquin, condamné en 1997 à Nice pour l’assassinat de son fils, quitte la prison de Casabianda (Corse), le 18 juillet 2006

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