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Conflit des VTC: Uber et ses chauffeurs cherchent une issue

Paris (AFP) – Des chauffeurs de VTC et des plateformes, notamment Uber, réunis au secrétariat d’Etat aux Transports, tentaient lundi de trouver une solution au conflit qui les oppose, après plusieurs jours de blocages et une plainte d’Uber pour des menaces.

La réunion, qui a débuté à 10H15 lundi sous l’égide du secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies et faisait suite à une première rencontre organisée vendredi, a été suspendue peu avant 13H30 et devait reprendre à 19h00.

Les chauffeurs de VTC (voitures de transport avec chauffeur), qui ont entamé jeudi leur mouvement, demandent une amélioration de leur rémunération et de leurs conditions sociales.

« On a demandé dans l’immédiat un retour au tarif de 8 euros l’heure et à une commission de 20%, au lieu de 6 euros et 25% actuellement », a réagi, à la sortie de la réunion, Sayah Baaroun, de l’Unsa-VTC, qui souhaite aussi « une négociation à long terme, d’au moins un mois, avec le ministère, pour remettre à plat l’ensemble du système ».

Parmi les points en discussion, les tarifs des courses, les frais perçus par les plateformes, la facturation du temps d’attente, l’autorisation pour les chauffeurs de rouler dans des véhicules plus petits et donc moins coûteux, mais aussi une contribution des plateformes au financement de la protection sociale des chauffeurs.

Les chauffeurs sont également vent debout contre le fait que les plateformes puissent décider seules de leur désinscription. La création d’un panel de chauffeurs indépendants devant lesquels ils auraient la possibilité de faire appel, est étudiée.

Pour Jean-Luc Albert (Actif-VTC), « le problème est que nous sommes dans un système hybride où l’on prétend être indépendant mais où l’on ne décide pas des tarifs, où on peut nous déconnecter et donc où on est assimilés à des salariés ».

« On a eu un tour de table, on était tous d’accord pour sortir de la crise avec deux questions essentielles: la question de la rentabilité et la question de la protection sociale », a commenté Fabian Tosolini (CFDT-Transports), contesté par une cinquantaine de chauffeurs venus manifester devant le ministère.

Helmi Mamlouk (Capa-VTC), a promis « une grève très dure sur toute l’Ile-de-France » s’il n’y a pas de hausse des tarifs.

– « Far West sans shérif » –

Un porte-parole d’Uber a confirmé à l’AFP cette pause, décidée « pour que chacun puisse prendre le temps de réfléchir ».

Dans un communiqué, la plateforme affirmait qu’elle « discute déjà avec des chauffeurs à titre individuel, (et) depuis plus d’un an avec des associations de chauffeurs », ainsi qu’avec la CFDT « depuis plusieurs semaines ».

« Des décisions concrètes ont été prises depuis le 8 décembre avec une hausse des prix de 13%, en parallèle de la hausse de la commission de 5 points (de 20% à 25%) », ajoute Uber, qui souligne qu' »en parallèle, des discussions sont toujours en cours (…) afin de travailler aux évolutions du travail indépendant, à l’amélioration de la protection sociale, ainsi qu’à la rentabilité des chauffeurs VTC indépendants ».

D’autres plateformes – Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar – réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n’ont pas souhaité participer à la rencontre de lundi: « Nous ne voulons pas interférer dans les discussions qui opposent Uber et les chauffeurs », a indiqué Yves Weisselberger, président de la FFTPR, dans un communiqué.

M. Weisselberger, contacté par l’AFP, a également fait état d' »interrogations sur la représentativité des chauffeurs » et déploré les « actions violentes » des derniers jours.

Deux des six personnes – dont quatre chauffeurs de VTC – interpellées dans la nuit de vendredi à samedi, et qui se trouvaient à bord d’un véhicule qui a heurté un policier, doivent être jugés en comparution immédiate lundi à Paris.

Le député PS Laurent Grandguillaume, dont la proposition de loi encadrant les plateformes de VTC doit être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement, s’est fendu lundi de tweets incendiaires, estimant que « le modèle Uber c’est le Far West sans shérif ».

Les policiers le 19 décembre 2016, devant l'entrée du secrétariat d'Etat aux Transports à Paris, avant la réunion. © AFP

© AFP bertrand GUAY
Les policiers le 19 décembre 2016, devant l’entrée du secrétariat d’Etat aux Transports à Paris, avant la réunion

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