EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Consommer local, ok mais à quel prix ? – Edito 16/01/2018

Vous avez sans doute commencé à entendre parler de cette campagne de communication visant à nous faire préférer la consommation de produits locaux plutôt que ceux qui sont importés. Et alors c’est marrant j’ai eu beau regarder à droite à gauche, quand il s’agissait de trouver des raisons au désintérêt de consommer des produits bien de chez nous, comme si c’était un sujet tabou, à aucun moment on a parlé du prix. C’est étrange n’est-ce pas ?

Pourtant on le constate toutes et tous : cette folle flambée des prix sur certains fruits et légumes locaux. Dans notre répondeur un auditeur de Taravao s’époumone depuis des années en s’insurgeant du prix de la salade ramené au kilo. On est parfois à plus de 4000 Francs. Et juste un autre exemple au passage, payer plus de 1000 Francs une pastèque, c’est normal ? Comment est-ce qu’on en est arrivés là ? C’est quoi l’excuse ? Parce que c’est gros c’est plus cher ?

Bref, en dehors des prix parfois souvent à la limite de l’abus, vient ensuite la qualité. Alors qu’on utilise toujours les pesticides et les désherbants qu’ailleurs on a jugé mauvais pour l’homme, on n’arrive toujours pas à faire des tomates rondes et rouges et des carottes oranges et droites ! L’argument de l’authenticité ça va un moment, parfois elles sont tellement biscornues que tu te mets à douter de leur goût et tu imagines déjà l’enfer du futur slalom à l’épluchage.

Alors moi je veux bien comme l’a dit la présidente de la chambre de l’agriculture que l’on délaisse les produits locaux, je cite, « à cause d’un manque de connaissance de la réalité de la production agricole locale », fin de citation, mais dans ce cas là il serait bon de savoir à un moment donné comment on accompagne l’agriculteur local dans une quête de la qualité et de la maîtrise des coûts et des prix. L’idée ce serait de nous aider à comprendre pourquoi malgré un protectionnisme parfois outrancier des productions locales au détriment de notre capacité à acheter ce que l’on veut quand on le veut, on en est encore là aujourd’hui …

Et puis c’est peut-être le moment de parler encore de tous ces produits importés, considérés comme des PPN, exemptés de taxes et de droits de douane, qui flinguent la santé des polynésiens ? C’est sûr que quand on doit veiller à chaque franc dépensé pour pouvoir finir le mois, le « consommer local » s’avère être un luxe inaccessible. Alors mille fois oui pour préférer ce que nous savons produire au Fenua et pour lequel des gens se donnent du mal, à condition qu’ils aient les moyens de lutter à armes égal en pratiquant des prix raisonnables et sans que le consommateur final ne se sente frustré d’être encore trop souvent privé d’avoir le choix.

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