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Constat : notre Fenua est de plus en plus sale. Faut-il sévir ? – Edito 18/01/2018

J’ai plusieurs amis qui ont eu la chance de prendre des jours de vacances à l’étranger  et il y a quelque chose qui m’a marqué lorsqu’ils m’ont raconté leurs différents séjours. En revenant à Papeete ça leur a sauté aux yeux : c’est nettement plus propre ailleurs lorsqu’il s’agit en plus de se prévaloir comme une plaque tournante du tourisme.

C’est intéressant, parce que si d’aventure on ne parlait que du Japon où il n’y a pas un papier qui traîne par terre la comparaison ne serait pas crédible tant ils ont des années d’avance et que c’est ancré culturellement chez eux. Mais quand on me dit qu’en Indonésie par exemple la différence est elle aussi de taille, on est en droit de se poser des questions.

Alors pourquoi chez nous c’est si sale? Pourquoi lorsqu’une association de jeunes gens motivés par la cause environnementale organise une opération propreté dans notre capitale, le résultat de cette dernière donne le tournis tant ils trouvent des centaines de kilos d’ordures qu’aucun service public n’avait encore ramassé ? Evidemment que ce serait trop simple, et on se voilerait la face par la même occasion, de ne blâmer uniquement que les autorités qui ne nettoient pas ou ne débarrassent pas avec suffisamment d’efficacité les déchets. Car à la base, ce n’est pas eux qui les produisent et qui les laissent là. Ce ne sont pas les agents de la municipalité qui passent leur journée à cracher ou à se moucher à rude le trottoir, à balancer clopes, chewing-gums, canettes et papiers usagers directement par terre.

Car si en effet en creusant un peu on pourrait trouver à redire sur l’efficacité avec laquelle la propreté et l’enlèvement des ordures sont gérés par les pouvoirs publics, force est de constater que la tâche est loin de leur être facilitée. En gros, c’est sur toute la chaîne que ça bug, et le résultat est sans appel, on passe pour de gros dégueulasses, c’est tout. Cela fait honte de l’entendre ? C’est violent ? Tant pis, il y a des vérités qui sont bonnes à dire car elles sont rarement aussi clairement et directement exprimées. C’est un fait. Alors combien de temps encore tout miser sur les campagnes de prévention et de sensibilisation, qui au mieux font lentement leur petit bonhomme de chemin, mais au pire font partie du décor et on n’y prête même plus attention ?

Lorsque l’on est confronté à un tel dépérissement, un tel jemenfoutisme, qu’on a plus l’impression que ça empire qu’autre chose, que le constat d’échec est tel : n’est-il pas enfin le moment de prendre le taureau par les cornes ? Dans un pays aussi beau mais aussi fragile que le nôtre, et face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés, peut-on continuer de vouloir prévenir sans jamais sévir … pour guérir ? Je pose simplement la question, à nous tous d’y répondre.

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7 Commentaires

  1. 19 janvier 2018 à 5h54 — Répondre

    J’ai la solution se n’est pas de sévir, mais de mettre en place des structures sur mesure de traité nos déchets, a l’heure d’aujourd’hui Fenua ma ne traite pas tous les déchets, résultat Pahioro sature. Mettant une usine de traitement des déchets qui semble plus logique, et non seulement que Tahiti mais aussi les Îles,

  2. Chaval
    19 janvier 2018 à 6h10 — Répondre

    Les gens sont sales et font preuve d’incivisme ? C’est la faute aux essais nucléaires naturellement, alors comment expliquez qu’au Japon, durement frappé à Nagasaki et Hiroshima, il n’y ait ps un seul papier par terre et que les gens soient propres ? Cracher par terre, se moucher avec les doigts, uriner contre un mur, c’est la bombe ? Il faut se rendre à l’évidence les touristes s’aperçoivent rapidement de la différence avec d’autres lieux et ils en parlent, alors balayons devant notre porte et rendont ce pays agréable à visiter et à y vivre, mais ça c’est une autre histoire, elle a bon dos la bombe.

  3. doug
    19 janvier 2018 à 7h42 — Répondre

    il est en effet temp de sevir, tout ces pays que tu as citer et plus encore comme singapour , une cité etat , plus petit que tahiti et sans ressource miniere est quasi en tete dans beaucoup de d omaines tel que l’enseignement , les services et memes les technologies innovantes le sont devenue a force de travail ,rigueur ,discipline et aussi en sevissant .
    le gouvernement doit premierement voter des lois et les faires appliqués et paralellement a cela eduquer et sensibiliser par de l’information tv et surtout dans les classes maternelles

  4. Chris
    22 janvier 2018 à 9h19 — Répondre

    Une police de l’environnement ? Une usine de traitement des déchets ? Encore faudrait-il que les verbalisés payent leurs amendes. Quant à l’usine de traitement des déchets, il y en a eu une dans la vallée de Tiapaerui que les nombreuses manifestations ont fait fermer pour cause de …pollution. Comme d’habitude, le problème est qu’à Tahiti, on est systématiquement contre toute nouveauté et tout progrès. Les exemples ne manquent pas. Et, sous prétexte d’insolvabilité, les justiciables ne payent pas leurs contraventions, tout simplement.
    Il suffit de voir ce que les rivières transportent pour comprendre que tout le monde se fout de tout, nos élus les premiers. Sanctionner les pollueurs revient à perdre des électeurs et ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas demain que les choses changeront. La solution pourrait être de passer à la répression avec éventuellement la saisie des biens des pollueurs solvables ou dits non solvables.
    Il n’y a que lorsque l’on touche à leur portefeuille que les gens comprennent.
    La prévention est une utopie dans ce pays alors économisons le budget des campagnes de sensibilisation et commençons à appliquer le principe pollueur=>payeur.

  5. Serge
    22 janvier 2018 à 11h31 — Répondre

    La répression est malheureusement devenue indispensable… On peut accuser qui on veut, mais on voit tous les jours des gens qui font preuve d’incivisme, que ce soit près des bornes à verres ou près des rivières, au bord des routes, etc… Il y a des pays où on va en prison pour un mégot jeté à terre et on ne sort que lorsque l’amende est payée. Résultat, c’est propre…

  6. 23 janvier 2018 à 7h27 — Répondre

    Un manque d’éducation ! c’est le constat général que je ferais, tant pour la propreté que la politesse. Pour une meilleure propreté, la répression me semble la seule solution si elle est bien faite. Pour le reste il ne reste plus qu’à prier…

  7. VAI
    25 janvier 2018 à 22h00 — Répondre

    Il faudrait que les personnes en voitures gardent leurs déchets à l’intérieur et les balancent à la poubelle quand ils arrivent à la maison. Et aussi que les camions transportant des détritus soient équipés de filets. C’est logique et évident. Et pourtant …. Ou même à la mer ou à la rivière, si tu viens avec ta limonade ou ta bière ou ton maa, et bien quand tu rentres, on ramasse et rapporte jeter dans une poubelle . C’est toujours évident et logique. Et pourtant…… qui blâmer ??? Les parents, les enfants qui sont désormais adultes ???

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