EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

#COQGATE – Edito 24/01/2018

Tous ensemble ce matin ayons une pensée pour les coqs du centre-ville qui sont en péril vital. Hier matin nos confrères de TNTV mettaient le feu aux poudres en nous apprenant cette triste nouvelle : le jardinier de la résidence du Haut-Commissaire se serait vu remettre une carabine pour s’occuper d’eux …. L’article avait immédiatement attiré mon attention, son titre : « Les coqs du haut-commissariat victimes de la visite de la ministre ». On y apprenait dans une première version que Annick Girardin aurait été incommodée par le chant des coqs à toute heure du jour et de la nuit. Dans un rapport de cause à effet on lisait donc ensuite qu’une chasse en bonne est due forme avait été décrétée.

J’ai voulu en avoir le cœur net, avec mon air des plus courroucés de grand défenseur de la cause animale – en oubliant opportunément que j’avais mangé des chicken wings la veille au soir –  je me suis rapproché des services de la communication du haut-commissariat pour avoir des explications. On s’est alors empressé de me répondre que la Ministre n’avait jamais rien demandé, qu’elle aussi était l’amie des animaux puisque la veille elle s’extasiait justement devant un coq marquisien, MAIS, je cite, « comme on le fait pour chaque visiteur prestigieux, on réduit sensiblement la population des gallinacés ». Ils concluront en me disant textuellement « TNTV avait été informé par quelqu’un qui a voulu se rendre intéressant en grossissant le trait et surtout en parlant de la Ministre qui n’était absolument pas au courant ». C’est donc sans doute en voyant la tournure que prenait la chose sur les réseaux sociaux que ces mêmes services sont intervenus auprès de la chaîne du Pays pour remettre les pendules à l’heure, avec un article qui se verra donc amputé quelques heures après sa parution de tout élément polémique impliquant directement la représentante de l’Etat*.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte mais on est passé tout près d’un « Coqgate » ! Quel scandale si une ministre de la République dont cet animal est justement l’emblème avait demandé à ce que l’on s’en débarrasse manu militari. Quoi qu’il en soit, désolé de le dire, mais même si elle n’a rien demandé, qu’on autorise l’abattage arbitraire et dans n’importes quelles conditions d’animaux à la carabine sur la propriété du plus haut représentant de l’Etat au Fenua, ça fait quand même tâche, et du coup il y a bel et bien un « Coqgate » mais plus local dans sa portée. Qu’on fasse une battue, qu’on les attrape et qu’on les relâche dans la montagne ou qu’on les confie à des spécialistes pour leur donner une fin digne de ce nom serait davantage bienvenu lorsque l’on à affaire à quelque chose qui est aussi une figure emblématique de la culture polynésienne.

Effets sonores : son de carabine et bruitages de Hei Hei le coq du film Vaiana

Bon je vous laisse faire le SAV de cet édito avec vos petits qui viennent d’entendre, c’est cadeau.

* Nota Bene : Nos estimés confrères de TNTV nous ont précisé qu’en fait l’article en lui-même n’aurait pas été tronqué a postériori mais aurait simplement connu un rajout précisant que la Ministre n’avait rien demandé. Le « chapeau » de présentation sur Facebook lui aurait bien été modifié pour coller davantage aux faits.

Article précedent

Granité melon, concombre et pastèque

Article suivant

Vaimiti et Michel se diront « oui » le 3 mars à Paea

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

#COQGATE – Edito 24/01/2018