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Covid-19, Chloroquine, etc. : malgré les souffrances, la lucidité de l’Italie – Edito 30/03/2020

Avec le nom que je porte les origines de ma famille sont plutôt faciles à cerner. Et c’est donc l’hécatombe dans le pays qui a vu naître mes ancêtres. La belle Italie est débordée, les morts se comptent par milliers, ce sont principalement les grands-pères et les grands-mères qui sont fauchés. Tant de partage qui ne pourra pas être fait, tant de recettes que les si chères Mama ne pourront pas transmettre. C’est un véritable crève-cœur. Le salut immédiat pour ce vieux pays ne vient pas de ses alliés en Europe, mais de la Chine, de la Russie, de Cuba qui envoient des tonnes de matériel, des centaines de médecins. Ses voisins ont été tellement incapables de lui venir en aide aux prémices de la pandémie qu’il n’est pas exclu qu’au terme de cette crise, naisse une nouvelle Europe, ou plutôt une autre Europe. L’Italie pourrait ne plus en faire partie, et cela se comprendrait.

La situation dans la Péninsule est aussi très riche d’enseignements. Ainsi on apprenait ce week-end selon des informations du Corriere della Sera que les morts liés au Covid-19 seraient très largement sous-estimés par les modes de comptabilisation des gouvernements européens. On fait en effet état des morts en milieu hospitalier, mais la situation dans les établissements accueillant des personnes âgées ou dans les petits villages où on meurt seul chez soi pourrait multiplier le décompte officiel actuel, par 4.

Parce que l’espoir fait vivre et qu’on a envie de se raccrocher à ce qu’on peut, c’est aussi depuis l’Italie qu’il pourrait naître. En effet un petit village situé en plein cœur de la Lombardie qui est l’épicentre de la maladie dans la Péninsule est totalement épargné.   A Ferrera Erbognone où résident 1000 habitants, la moyenne d’âge est de 60 ans, et aucun d’entre eux ne présente de symptôme suspect. Les autorités sanitaires ont dépêché des spécialistes afin de faire des prélèvements sanguins pour tenter d’y déceler des anticorps qui rentreraient ensuite dans la composition de traitements généralisés. C’est peut-être un hasard, peut-être pas, verdict dans quelques semaines mais le temps est devenu un tel luxe …

L’Italie qui face à l’ampleur du drame qui la touche ne fait pas autant de chichis vis-à-vis de la Chloroquine.  Ainsi, toujours dans le Corriere della Sera le Dr Pierluigi Bartoletti, vice-président de la Fédération Italienne des médecins généralistes y tient les propos suivants : « Nous venons de comprendre que le virus a une évolution en deux phases et que c’est au cours de la seconde, après quelques jours (une semaine environ), que la situation peut brutalement, en 24 ou 48h, s’aggraver et conduire à une insuffisance respiratoire réclamant des soins intensifs. Les résultats que nous commençons à accumuler suggèrent que l’hydroxychloroquine administrée tôt, donne la possibilité d’éviter cette évolution à une majorité de patients et de désencombrer les salles de réanimation », fin de citation. En Italie n’importe quel médecin généraliste peut en prescrire …

En attendant en France on tergiverse, on attend le résultat d’essais qui ne reposent même pas sur le véritable protocole de soins du Dr Raoult. Les italiens qu’est-ce que ça vous inspire ? Oui, je pense pareil. « Va Fanculo » !

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