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COVID-19 : la chasse aux sorcières est ouverte – Edito 12/08/2020

On se confortait presque dans une espèce de torpeur où nous nous croyions invincibles. Revêtir un masque dans une grande surface était même devenu l’occasion de vous faire regarder de travers comme si vous risquiez de porter la poisse aux autres. Après, pour faire revenir les touristes le Pays communiquait sur tous les marchés qu’il était « Covid Free », c’est-à-dire exempt de l’épidémie de coronavirus en activité sur son Territoire. Alors fatalement beaucoup y ont cru et l’on considéré comme un acquis, et comme il fallait s’y attendre lorsque le relâchement est entretenu de fait par une absence de mesures coercitives, que l’on compte un peu trop sur un pacte moral auquel, genre, on promet de se conformer : patatras.

Le nombre de cas de personnes infectées explose, manifestement en même temps que le taux de racistes primaires débiles et débilitants au mètre carré. Rien ne semble plus entraver cette nouvelle donne : celle de céder dorénavant à la moindre frustration, à la moindre crainte, aux plus bas instincts et de faire en sorte de leur donner le plus large écho maintenant que la technologie le permet. Que ce soit dit une bonne foi pour toute : quelle que soit votre origine ethnique, quels que soient vos chemins de vie personnels et vos éventuels accomplissements les plus vertueux, vous serez à tout jamais les héritiers des décisions prises jadis par l’autorité politique du pays qui vous a vu naître. Comme si le passif d’un système dont vous n’êtes pour rien devenait l’épicentre de votre propre épigénétique qui justifierait qu’on vous haïsse à la première occase. Alors du coup c’est à double tranchant car si en effet aucun responsable politique polynésien de souche n’a jamais fait péter de bombes atomiques, il est malgré tout des méfaits orchestrés et entretenus sur plusieurs décennies par des polynésiens qui se sont évertués à spolier d’autres polynésiens pour assouvir leur frénésie de pouvoir. C’est un autre genre certes, mais c’est tout aussi détestable, et pourtant on n’aurait pas idée de s’en servir pour sonner l’hallali et faire payer le premier venu qui y est totalement étranger.

En outre apparaît comme plutôt discutable la stratégie, pour les autorités de l’Etat comme du Pays, de s’offusquer de manière aussi grandiloquente et d’utiliser des adjectifs tous plus stigmatisant les uns que les autres à propos de ces restaurateurs qui entretiendraient la « décadence » sous leur toit. L’ouverture d’un nouveau spot à orgies romaines au Fenua a sans doute dû m’échapper … Plus sérieusement, il est surprenant d’accabler à ce point des professionnels qui en aucun cas ne sont censés se substituer à l’autorité publique. Ainsi, entre la fin du grand confinement en Polynésie française et aujourd’hui, absolument aucune réglementation particulière liée au contexte sanitaire mondial ne venait contraindre localement qui que ce soit dans ce secteur d’activités. Il est peut-être là le problème aussi non ? Ce qui est fait est fait, alors remettons le masque, mais surtout pas les œillères.  Bonne rentrée.

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1 Commentaire

  1. beaminyoongles
    13 août 2020 à 8h17 — Répondre

    Merci, il fallait enfin que quelqu’un ait le courage de le dire !

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COVID-19 : la chasse aux sorcières est ouverte – Edito 12/08/2020