EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Covid19 : la soupe à la grimace impacte aussi le cerveau

Hier les propos de deux personnalités au premier plan de cette crise sanitaire ont, chez moi en tout cas, jeté un vrai froid et semé le trouble. Tout d’abord le Pr Delfraissy qui est le Président du fameux Conseil Scientifique en lien étroit avec les plus hautes autorités de l’Etat, sur BFMTV, n’a pas hésité à relever, je cite, une « intelligence » de ce virus qui se met à muter dans des villes où l’on croyait avoir pourtant atteint un certain niveau d’immunité collective comme Manáos au Brésil ou Le Cap en Afrique du Sud. Précisément de là d’où viennent deux des « variants » les plus inquiétants. Il confirmait en outre qu’un couvre-feu en métropole ne suffirait pas à lutter contre la propagation de l’épidémie,  tout en précisant qu’un nouveau confinement pouvait bien attendre une semaine de plus. Allez comprendre …

Sur TMC dans l’émission de Yann Barthes c’était la Présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé, Dominique Le Guludec, qui était interviewée. Et elle a réussi à me mettre la boule au ventre. C’était flagrant, je n’étais pas le seul, le malaise sur le plateau était palpable. A la question de savoir si on allait un jour connaître à nouveau notre vie d’avant ou s’il allait falloir apprendre à vivre avec l’épidémie, l’entendre répondre sur le ton et avec la posture qu’elle prenait qu’elle ne savait pas si on allait un jour parvenir à éliminer ce virus était tout bonnement effrayant.

Alors bien entendu que je ne m’attends pas à que ces personnalités de premier plan se mettent à déconner sur les plateaux de télé en prenant tout à la légère et en feignant une « positive attitude » forcée. Mais de grâce, qu’elles n’y aillent pas non plus sans avoir fait un peu de coaching en communication et qu’elles choisissent mieux leurs mots, pour éviter qu’on ait le réflexe d’avoir envie de  se faire hara-kiri juste après les avoir entendues.

La vérité, encore une fois, c’est qu’on ne sait rien, et ce, même parmi les sommités scientifiques. De nouvelles recherches sont en cours pour savoir si les vaccins actuellement déployés peuvent être efficaces contre les variants, tout comme les anticorps développés après une première contagion et guérison. Dans le pire des cas il faudrait deux mois aux fabricants pour modifier leur vaccin à ARN messager, tout comme on adapterait un vaccin de la grippe d’une année sur l’autre. L’urgence absolue c’est de se prémunir d’être infecté, peut-être même encore plus qu’après le premier confinement si ces nouvelles souches sont en effet encore plus contagieuses. Et si toutefois le fameux « monde d’après » s’avère être celui auquel on n’avait même pas osé penser, et bien vous savez quoi ? On s’adaptera. Parce que, en vrai, c’est quoi l’autre choix ? Ainsi mettons nous tous en quête dans nos attitudes à trouver un juste milieu entre inquiétude irrationnelle et optimisme niais ; parce qu’en attendant il faut bien survivre, y compris psychologiquement.

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