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CRSD : deux ans et 1,3 milliards de francs supplémentaires de l’État


Le contrat de redynamisation des sites de défense (CRSD) passé entre l’État, le Pays et six communes de Tahiti a été une nouvelle fois prolongé ce mardi. Promis par Emmanuel Macron, ce nouvel avenant vient répondre à la difficulté pour les municipalités d’assumer les coûts de dépollution de site et de déconstruction de bâtiments, pour certains amiantés. L’État va donc débloquer un maximum de 1,35 milliard de francs, dont 577 millions pour la seule commune de Taiarapu-Est.

« Ça ne s’est jamais vu ailleurs ». Le second avenant au contrat de redynamisation des sites de défense (CRSD) a été signé ce matin au Haussariat, par Dominique Sorain, Édouard Fritch et les tavana ou représentants des six communes de Tahiti concernées. Si des CRSD ont été lancés partout en France, les rétrocessions de terrains militaires étaient particulièrement attendues à Tahiti où la pression foncière limite les capacités d’aménagement des communes. Au total, 21 hectares ont été transférés après la signature des premiers documents, en 2016. Un centre-ville à Pirae, une zone d’activité mixte à Mahina, de nouveaux services portuaires à Papeete ou un marché à Faa’a… L’idée était de permettre à chaque commune de mener des projets structurants sur ces sites – dont le foncier était déjà, il y a 6 ans, évalué à plus de 5 milliards de francs – et d’accompagner financièrement leur redéveloppement. Une façon pour l’État, qui avait alors mis sur la table 735 millions de francs de crédits, de compenser la perte d’activité liée au départ d’une partie des effectifs de l’armée. De son côté, le Pays avait débloqué près de 500 millions de francs, presque autant que la participation des communes.

Procédures juridiques, confirmations politiques, premières études techniques… Le temps s’est allongé et, en 2019, un premier avenant était venu prolonger ce CRSD jusqu’à la fin 2021. Mais le problème s’est révélé plus profond : les coûts de dépollution des sites et surtout de déconstruction des bâtiments existants, où de l’amiante et du plomb ont été découverts, avaient été nettement sous-évalués. Ce qui avait laissé dire à certaines communes que les terrains militaires étaient des « cadeaux empoisonnés ». Les discussions avec l’État ont donc continué, et Emmanuel Macron, en juillet 2021, s’était engagé à ce que Paris prenne à sa charge les surcoûts de ces dépollutions. L’avenant signé ce mardi vient formaliser cet engagement, et une contribution supplémentaire de l’État pouvant atteindre 1,35 milliards de francs. « L’État met les moyens pour aller au bout de ces opérations », insiste Dominique Sorain, pour qui cette prolongation est la dernière : « on a atteint les limites du système », précise-t-il.

Taiarapu-Est, « cas particulier »

Dans le détail, 773,3 millions de francs vont être attribués de façon immédiate : 256 millions pour Papeete, 246,6 pour Arue, 131,7 pour Pirae, 127,3 pour Mahina, 11,4 pour Faa’a… Des montants calculés sur la base « d’études précises » des coûts de dépollution fournies par les mairies. « On a pris une marge de 10% supplémentaires pour être sûr que cela couvre les coûts », précise Dominique Sorain, qui a aussi obtenu de Paris que les éventuels reliquats de ces sommes soient réinvesties dans les projets portés par les mairies. « Vous avez été notre meilleur avocat », salue Édouard Fritch à l’endroit du Haut-commissaire sur le départ. S’ajoute un « accompagnement particulier » destiné à la seule commune de Taiarapu-Est, qui a hérité de 3 terrains de grande superficie, dont, notamment le fort de Taravao, et où les expertises ne sont pas terminés. « L’État a acté une enveloppe prévisionnelle de 577 millions de francs, mais on doit terminer les expertises et les diagnostics avant la fin de l’année, les mettre à jour de l’inflation qu’on connait depuis un moment, explique le maire Anthony Jamet. Ensuite, soit cette enveloppe est suffisante, soit il faudra aller à la recherche de nouveaux financements ». En attendant, le tavana remercie l’État et le Pays pour « être venu constater sur le terrain » les particularités du dossier de Taiarapu :

Côté projet, Taiarapu-Est compte aménager « une zone d’activité mixte » sur l’ex-emprise du fort – probablement en « sauvegardant des bâtiments à vocation historique » -, développer une activité touristique sur l’ancien centre d’instruction de l’armée de Tautira… Et « requalifier » la zone de la base ionosphérique. Des projets qui doivent encore être précisés. Il faudra faire vite. Chaque commune aura jusqu’à juillet 2024 pour consommer tous les fonds – et donc terminer les dépollutions et lancer les chantiers de redynamisation. « Il faudra qu’elles se mobilisent », prévient le Haut-commissaire, qui se veut « optimiste » : « tout est là pour mener à terme ces projets ».

 

 

 

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