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Crue de la Seine: au Louvre, "la Vénus de Milo" est au milieu des caisses

Paris (AFP) – La « Vénus de Milo » a de nouveaux voisins: des caisses en plastique et des armoires à roulettes. Alignées dans les allées du Louvre, au milieu des guerriers grecs et des statues d’Aphrodite, elles contiennent les œuvres remontées des réserves souterraines du musée en raison de la crue de la Seine.

« 170 personnes ont été mobilisées toute la nuit sur les 500 volontaires inscrits sur les listes », dit Jean-Luc Martinez, président du Louvre, qui a fait visiter vendredi les salles encombrées du département des antiquités grecques, étrusques et romaines à la ministre de la Culture Audrey Azoulay.

Le patron du musée le plus visité au monde – quelque 9 millions de personnes par an – se dit « vigilant mais serein » alors que la crue de la Seine pourrait atteindre 6,50 m vendredi soir et que s’allonge la liste des musées parisiens fermés. Après le Louvre, le musée d’Orsay et la BnF, le Grand Palais a décidé à son tour de fermer ses portes.

« Il y a un risque de remontée des eaux par les nappes phréatiques, mais pour l’instant aucune infiltration n’a été constatée dans les souterrains », relève-t-il.

Au Louvre, l’évacuation a concerné la partie sud, la plus exposée, où se situent le sous-sol du département des arts de l’Islam et les réserves des antiquités grecques et de l’Egypte copte. « L’opération a pris dix heures », explique Jean-Luc Martinez à la ministre qui a réuni peu avant au Louvre les responsables des institutions culturelles publiques touchées par les crues.

– 548.000 oeuvres –

Les réserves sont organisées en fonction des risques : les plus fragiles, comme les peintures sur plâtre ou les textiles, sont placées près de la sortie et évacuées en premier.

Dans les allées, on devine, sous des plastiques de protection, des pierres tombales ou de petits autels funéraires. Des caisses contiennent des objets en bronze corinthiens ou des poteries « italo-géométriques ». 

Des étiquettes mettent en garde: « ne pas enfoncer la main trop loin », « côté à ouvrir ».

« Certaines pièces sont trop lourdes ou trop grandes pour être déplacées, il faut les protéger, les mettre sous plastique « , explique Jean-Luc Martinez, rappelant que les réserves « ont été créées au début du 20e siècle ».

Sur les 548.000 oeuvres figurant dans les collections du Louvre, 38.000 sont exposées. Les autres sont réparties dans 57 réserves dans le sous-sol du musée et 5 à l’extérieur.

Elles doivent être transférées à l’horizon 2018/2019 dans un bâtiment spécialement construit à cette fin, à Liévin, tout près du Louvre-Lens, l’antenne du musée ouverte dans le nord de la France.

Lors de la grande crue de 1910, « le musée n’a pas été atteint. Il n’y avait pas de souterrain et l’armée avait bâti des murs pour le mettre hors d’eau », souligne toutefois le patron du musée.

« Nous avons une culture de l’évacuation », fait-il aussi valoir. « Le musée a été évacué en 1870 parce qu’on redoutait un incendie, pendant la Première Guerre mondiale parce qu’on craignait un bombardement des Zeppelins et pendant la Deuxième pour éviter que les nazis ne s’emparent des oeuvres ».

La "Vénus de Milo" au milieu des caisses en plastique et des armoires à roulettes au Louvre à Paris, le 3 mai 2016. © AFP

© AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT
La « Vénus de Milo » au milieu des caisses en plastique et des armoires à roulettes au Louvre à Paris, le 3 mai 2016

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