EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Cyber Monday, un autre jour noir pour l’environnement – Edito 26/11/2018

Après le Black Friday, le Cyber Monday. Sans doute moins suivi au Fenua il se jouera surtout en ligne et fera le bonheur des retardataires qui n’ont pas eu l’occasion en fin de semaine dernière d’acheter smartphones, tv, appareils à musique et autres consoles de jeux ou ordinateurs. Car ce lundi seule l’électronique grand public a les faveurs des réductions.

Vendredi je suis quand même parti faire un tour en grande surface et j’ai été choqué du nombre de télés, frigos, fours et autres machines à laver qui étaient soit dans les chariots soit mis par terre en file d’attente pour être amenés dehors par les vendeurs  afin de les déposer dans les véhicules des clients. « Choqué » parce que tous ces appareils allaient en majorité remplacer un ancien modèle qui serait jeté.

C’est un vrai problème tous ces déchets électroniques. Nous remplaçons nos appareils de plus en plus rapidement, leur cycle de vie est réduit à peau de chagrin, soit parce qu’ils se démodent soit car leur obsolescence est programmée par les constructeurs.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) estime qu’entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites chaque année dans le monde. Ce qui est accablant c’est que contrairement à l’idée reçue seulement 20% de cette quantité est recyclée, le reste est enterré ou incinéré et ce sont ainsi tous les ans l’équivalent de plus de 5 000 milliards de francs pacifiques, oui j’ai bien dit 5 000 milliards de francs pacifiques de métaux précieux qui sont perdus.

Plus tôt cet année un rapport de Greenpeace indiquait qu’un grand mystère plane autour de la destination finale de tous nos déchets électroniques. Il n’existe aucune information précise et officielle sur le sujet. L’inde, la Chine ou la Thaîlande en reçoivent une quantité colossale de manière totalement clandestine. C’est dans ces pays que sont tournées les images de ces travailleurs qui œuvrent sans protection et s’intoxiquent lorsque ils désossent les machines pour extraire les matières précieuses, et que nous voyons à la télé.

L’an dernier c’est donc l’équivalent de 10 grandes pyramides de Khéops de produits électroniques usagés que nous avons jetées. 2 ont donc été recyclées, 8 sont disséminées dans la nature et cela augmente d’année en année. C’est quelque chose qu’on devrait tous avoir en tête lorsque l’on craque sur quelque chose qui vient remplacer ce que nous aurions pu réparer et faire durer un tout petit plus.

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