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Dans Paris Match, Lionel Guérin vend ATN et la Polynésie comme des « remèdes à la crise »

Les tensions internationales renforcent-elles l’attractivité du fenua ? C’est en tout cas ce que veut croire Lionel Guérin, interviewé dans la dernière édition de Paris Match parue ce mardi. Alors que le secteur aérien est confronté à de graves turbulences du fait de la guerre au Moyen-Orient et des bonds des prix du carburant, le directeur général d’Air Tahiti Nui n’exclut une hausse de prix des billets, tout de même « pas proportionnelle » à celle du baril. Mais il assure aussi que la Polynésie – et au passage la compagnie pays – peut tirer partie de son image stable et paisible. Et tirer son épingle du jeu, dans le chaos mondial actuel, en tant que destination « refuge ».

Lionel Guérin s’était déjà fait entendre dans la presse nationale après sa nomination à la tête d’ATN le 11 février. Dans les pages de l’Echo touristique ou de TourMag, l’ancien dirigeant d’Air France, Hop! ou de Transavia avait affiché, comme il l’avait fait au micro de Radio 1, sa stratégie et ses ambitions pour la compagnie du Pays, « belle Tahitienne un peu endormie », pour qui il vise une reconquête de la majorité du marché tahitien et un retour à la rentabilité pour 2029. Mais depuis ces prises de parole, beaucoup de choses ont changé dans l’aérien, secoué par la guerre au Moyen-Orient et l’explosion des prix des hydrocarbures. Lionel Guérin « ne s’attendait peut-être pas à devoir affronter si rapidement les turbulences de la géopolitique mondiale », lit-on ainsi, dans l’édition de Paris Match parue ce mardi 24 mars, dans un article consacré à la compagnie au tiare et à son DG, qui arbore désormais la fleur symbolique sur sa veste pendant les interviews.

Le dirigeant se veut, sans surprise, rassurant sur les conséquences de cette crise aux changements d’intensité imprévisibles, pour la compagnie polynésienne. « Nous ne sommes touchés qu’en partie, puisque nous avions stocké du carburant auparavant », assure-t-il, sans préciser combien de jours d’activité ces stocks représentaient et s’ils ont déjà été consommés depuis le début du mois. Lionel Guérin dit aussi ne pas exclure un ajustement des prix des billets d’ATN, déjà acté par de nombreuses entreprises dans le monde. « Ça ne se fera évidemment pas proportionnellement à l’augmentation du prix du baril de pétrole, sinon il y aurait un décrochage, précise-t-il, Et nous faisons attention au pouvoir d’achat de nos clients ». La semaine dernière, le président du Pays Moetai Brotherson, en présentant le collectif budgétaire qui sera étudié ce mercredi à l’assemblée, et qui contient une nouvelle subvention de 2,4 milliards de francs pour ATN, avait suggéré que ces augmentations de prix avaient déjà commencé à être opérées. Lionel Guérin revient aussi, au passage, sur la « réflexion déjà engagée » sur le renouvellement de la flotte, assurant que les « discussions restent ouvertes » sur des Boeing ou des Airbus pour remplacer les Dreamliners.

Mais le directeur général, qui est aussi président de Natireva, cherche surtout, auprès du grand magazine français, à faire passer l’idée que la Polynésie pourrait tirer son épingle du jeu dans la crise actuelle, qui, plus largement que le secteur aérien, pourrait chambouler le tourisme mondial. D’abord par ce que les pays du Moyen-Orient – qui prévoyaient avant la guerre une croissance de 13% de leur tourisme en 2026 – devraient être désertés. Ensuite parce que le Pacifique, et la Polynésie en particulier, peuvent profiter d’une image de « destination stable et paisible », tel un « remède à la crise », comme l’écrit Paris Match. « Quand les voyageurs sont confrontés à des crises ou à des annulations, ils réfléchissent différemment à leurs prochaines vacances », élabore Lionel Guérin, qui, bien sûr, encourage en creux les voyageurs à emprunter ATN pour se rendre dans leur « destination paradisiaque refuge ».