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Découverte d'ossements: l'affaire des disparues de Perpignan relancée

Perpignan (AFP) – Possible rebondissement dans l’affaire des disparues de Perpignan: des fragments d’ossements humains ont été retrouvés vendredi soir sur une plage du Barcarès (Pyrénées-Orientales), déclenchant la reprise des recherches plus de trois ans après la disparition d’une mère et sa fille.

Le 14 juillet 2013, Marie-Josée Benitez, 53 ans, et sa fille Allison, 19 ans, disparaissent. Leur mari et père, Francisco Benitez, adjudant-chef à la Légion étrangère de Perpignan, immédiatement pressenti comme le suspect numéro 1, n’alerte la police que le 22 juillet. Deux semaines plus tard, il était retrouvé pendu à la caserne, après avoir laissé une lettre et une vidéo clamant son innocence et son amour pour sa fille.

Plus de trois ans après, le parquet de Perpignan a ouvert vendredi une enquête de flagrance pour « recherche des causes de la mort » à la suite de la découverte de restes dans une zone qui avait été fréquentée par le légionnaire, a-t-on appris auprès de Me Etienne Nicolau, avocat de la soeur de Marie-Josée Benitez.

Sur indication d’un témoin, le frère de Marie-Josée, Eric Barbet, a découvert des ossements au bord de l’étang du Barcarès avant d’alerter les enquêteurs.

« Une personne m’a contacté » via les réseaux sociaux, après avoir vu, en avril 2015, des cheveux longs dépasser d’un sac poubelle enterré, a déclaré Eric Barbet à l’AFP. « Elle m’a donné un point GPS (…) et je suis tombé sur des ossements que j’ai montrés à deux médecins généralistes », a-t-il dit.

Selon lui, parmi les cinq « morceaux assez abimés » qu’il a trouvés et remis aux enquêteurs trois jours après, il y aurait « à priori » une articulation et un morceau d’avant-bras.

Cinq enquêteurs de la police judiciaire de Perpignan se sont rendus sur les lieux vendredi soir et ont effectué des fouilles permettant d’extraire, en présence d’un médecin légiste, des effets et des ossements qui ont été placés sous scellé, a pu constater une correspondante de l’AFP.

D’après M. Barbet, cinq autres prélèvements ont alors été effectués jusqu’à 1,50 mètre de profondeur et d’autres fouilles seront réalisées à partir de lundi, relançant les recherches dans cette affaire aux multiples zones d’ombre.

– une zone fréquentée par le légionnaire –

Contacté par l’AFP, le SRPJ s’est refusé à tout commentaire. Sur place, les enquêteurs se sont contentés d’appelé à une grande prudence.

Des analyses ADN vont être effectuées dans les jours qui viennent mais « il y a de fortes chances que l’on soit en présence de restes appartenant à Marie-Josée ou Allison Benitez car ils ont été trouvés dans une zone fréquentée par M. Benitez », a déclaré Me Nicolau à l’AFP.

Selon l’avocat, des recherches intensives avaient déjà été faites sur cette zone, proche de la station d’épuration de Port Leucate, car le téléphone portable de M. Benitez avait « parlé ». Les bornes d’appels avaient permis de savoir que le militaire avait, dans les jours qui avaient suivi la disparition, fréquenté cet endroit, à une trentaine de kilomètres de la Légion étrangère de Perpignan.

Le lieu des fouilles, une vaste bande sableuse ponctuée de bosquets entre l’étang du Barcarès et la mer Méditerranée, est isolé, côté étang, peu visible des automobilistes et seulement fréquenté par des promeneurs. 

Une information judiciaire pour « assassinats » avait été ouverte dans cette affaire un mois et demi après la double disparition et après le suicide du légionnaire car l’ADN des disparues avaient été retrouvé dans un congélateur au domicile familial et dans un lave-linge de la caserne auquel le suspect avait accès. 

Francisco Benitez avait été déjà été entendu en 2004 dans une autre affaire, celle de la disparition à Nîmes de son ex-maîtresse brésilienne, qui n’a jamais été retrouvée.

Il était en instance de séparation d’avec Marie-Josée née Barbet et entretenait une nouvelle relation extra-conjugale avec une Espagnole à laquelle il a donné son dernier coup de fil avant de mettre fin à ses jours.

Marie-Josee Benitez et Francisco Benitez le 18 mai 2013 à Perpignan. © AFP

© AFP/Archives ALEXANDRE DURAND
Marie-Josee Benitez et Francisco Benitez le 18 mai 2013 à Perpignan

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