EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

La communication discutable de nos dirigeants pendant la crise – Edito 14/04/2020

Ma vision d’un leader c’est celle de quelqu’un qui, avant tout, agit comme tel aux yeux de tous. Il peut certes en son for intérieur douter, ressentir de la colère, de la tristesse, ou de la frustration, mais à tout moment et en toute occasion il se doit de tenir la posture de celui qu’il est censé incarner. Notre faculté à nous sentir rassurés, confiants, dans les décisions qu’il prend en notre nom et pour notre bénéfice sont directement induites par son propos et la forme qu’il donne à celui-ci lorsqu’il l’exprime en public.

Au Fenua le culte du chef est exacerbé, voire exagéré, et il est donc un facteur qui est d’autant plus à prendre en compte lorsque l’ambition est de revêtir les oripeaux d’un Metua en temps de crise. Aussi, et même si j’ai bien conscience que lorsque l’on est aux responsabilités le poids de la fonction peut être écrasant, il est pourtant primordial de garder en permanence au centre de ses préoccupations l’image que l’on va donner de soi.

Aussi se lancer dans des professions de foi sur les réseaux sociaux pour se plaindre de ce qui se dit sur son compte est une stratégie discutable. C’est à double tranchant, on se justifie en démontrant un besoin de fédérer des bonnes énergies pour se sentir malgré tout soutenu, mais en même temps on affaiblit son leadership. Car quels que soient la finesse et la justesse du propos, le talent manifeste avec lequel on l’exprime, la pertinence du constat établi : au final on en vient à montrer que l’on s’est laissé atteindre et de fait que l’on est fragilisé.

Et quant à révéler au mauvais endroit et au mauvais moment son agacement et sa frustration à se faire incendier à la radio ou sur les réseaux sociaux et menacer ouvertement de porter plainte c’est, dans le contexte, se rendre coupable d’une véritable faute de parcours au moment où il faudrait fédérer et rassurer. Ce n’est même plus une démonstration de fragilité là, mais carrément de faiblesse. On en vient à se demander si nos leaders sont conseillés …

Oui car voyez-vous le peuple à autre chose à faire aujourd’hui que de larmoyer sur le sort de ceux qui ont choisi d’être là où ils sont. Un leader doit se tenir au-dessus de la meute, garder le menton haut en toute occasion, écouter et comprendre pourquoi et par qui il est attaqué, le prendre en considération, ou pas, mais une chose est sûre : ce n’est pas le moment de faire pitié. Ceux qui s’agitent sont justement ceux qui sont en réelle souffrance, la décence voudrait que l’on prenne sur soi encore plus qu’à l’accoutumée.

Et quant à tous ceux qui croyant faire un trait d’humour sarcastique conseilleraient à celui qui critique de se mettre à la place de ceux qu’il vise, je leur répondrais : à chacun son métier et assume qui pourra.

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1 Commentaire

  1. Demont Nathalie
    15 avril 2020 à 12h48 — Répondre

    Un leader comme Macron ! Personnellement je préfère voir de l’humanité chez un leader, et ce n’est pas une faiblesse.

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La communication discutable de nos dirigeants pendant la crise – Edito 14/04/2020