EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

De l’art et la manière de « peta » au Fenua … – Edito 24/04/2018

Si on prend tout systématiquement au premier degré en politique locale on est susceptible de souvent manquer de s’étouffer en avalant de travers les mots entendus. Il faut prendre un peu de recul, les garder en tête certes, mais s’en amuser un peu pour réunir tout ce qu’il faut afin de les avaler et les digérer à leur juste mesure.

Aussi quand on entend les déçus de ce premier tour des élections territoriales râler sur des supposés achats de voix par le gouvernement en place par le biais de distributions de Fare MTR, de bons de matériaux et autres bénéfices risquant de faire passer le journal officiel pour le catalogue des 3 suisses, en fait c’est marrant. Surtout quand on regarde de qui ça vient. Ceux-là même qui avaient institutionnalisés la méthode. Ceux qui en étaient les experts. Alors si toutefois l’ex dauphin pendant 30 ans, avait effectivement retenu ce genre de leçons et les appliquaient, même si le principe serait discutable, on a envie de dire que c’est de bonne guerre. Pourquoi ? Parce que ça aussi cela fait partie des mœurs polynésiennes, se faire peta pour promettre sa voix et celle de ses proches.

Mais attention ici ce n’est pas vu comme une forme de soudoiement vile et nauséabond, non. Ici, c’est presque gracieux, c’est une sorte d’appel à l’aide à celui qui a la puissance et que l’on honorera pour remerciement en lui offrant quelque chose qui finalement ne coûte pas grand-chose, son vote. Ce n’est pas une association de malfaiteurs mais plutôt une sorte de rapport de vassalité consenti postmoderne. Aussi, bien entendu que certains en usent et abusent, tant il suffit parfois de simplement quelques t-shirts pour rendre untel ou untel redevable. Dans ces conditions, ont-ils vraiment torts de se priver ?

Ainsi, au lieu de se plaindre de ce qui est finalement devenu coutumier, allez n’ayons pas peur des mots : ancré culturellement même, et que l’on a participé à instaurer, il serait de bon ton d’en saisir les avantages collatéraux. Oui car à partir du moment où se faire peta fait partie du pacte social citoyen avec ses institutions, on comprend mieux l’inédite capacité des masses populaires à passer l’éponge lorsque ce sont ses dirigeants qui se font peta.

C’est à se demander en fin de compte si ceux qui se plaignent et qui crient au scandale de toutes ces affaires de corruption -suivez mon regard – ce ne sont pas ceux qui regardent le train passer depuis le début, sans avoir pensé à faire comme tout le monde et se raccrocher aux wagons.  Simplement en tropicalisant sa morale de façon bien opportune pour gagner en tranquillité. Les enchères sont ouvertes, faites vos jeux. Bon écoutez à force d’en parler ça à l’air bien, je n’aurais pas cru dire pouvoir dire ça un jour, mais je me ferais bien peta rien que pour voir comment ça fait … Second degré s’il-vous-plaît…

Article précedent

Beach Soccer : Angélo SCHIRINZI de retour pour former les entraîneurs polynésiens

Article suivant

Un workshop à Tahiti avec trois danseuses de Black M

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

De l’art et la manière de « peta » au Fenua … – Edito 24/04/2018