EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

De nouveaux mots pour dire la vie … – Edito 10/05/2019

C’est sans doute parce que comme tant d’autres je me sens bien dans mon adulescence tendance geek que j’ai envie de croire que des génies parviendront à sauver le monde in extremis, comme dans un jeu vidéo ou un blockbuster. Mais je compte dessus et je bois de l’eau … Oui, ça tarde à venir.

Notre société est en train de s’ubériser bien trop vite et laisse de nombreux travailleurs sur le carreau, pour survivre on ne compte plus ceux qui doivent jouer les slasheurs, en cumulant les activités. Si leur corps pouvait tenir pour faire les trois 8, ils le feraient. C’est marche ou crève. Ceux qui ont encore un job s’y accrochent, y compris ceux qui n’ont pas eu le choix que d’accepter d’être pris dans les filets de la smicardisation. En effet, lâcher la proie pour l’ombre c’est trop risqué, alors ils préfèrent encore s’enfoncer dans un bore-out qui à force leur fera voir leur vie en noir et blanc, mais au moins ils seront vivants.

Pris au piège de notre société capitaliste qui use tout le monde trop vite, nous essore comme de vieux torchons, le stress et/ou le manque de moyens nous fait sombrer dans la malbouffe, on est lancés dans une spirale de surconsommation effrénée où l’on cravache pour remplacer ce qui s’use trop vite, tombant dans le piège de l’obsolescence programmée que les grands industriels ont su habilement orchestrer. Et comme on nous a endoctriné pour nous faire croire que posséder, c’est exister, on paye, on paye, et on paye encore.

Les frustrations s’exacerbent, on en vient parfois à envier cette poule qui picore près du caniveau, en plein centre-ville, étrangement insouciante du tumulte urbain, de ce vélo qui vient de la manquer de justesse car lui-même venait d’éviter l’emportiérage. Peu d’humains s’en seraient émus si c’était elle qui y était passée au lieu du cycliste, l’antispecisme est encore anecdotique ici et ailleurs.

Le courroux d’éventuels témoins de la scène ne manquera pas de se faire sentir sur les réseaux sociaux. Entre deux pubs pour des cryptomonnaies, des articles sur des trafiquants en herbe qui se sont fait attraper après avoir commandé leur dope sur le darknet, ou encore un ou deux statuts de pseudos amis qui prennent un malin plaisir à divulgâcher les films et les séries que vous n’avez pas encore eu le temps de regarder, vous tomberez donc que vous le vouliez ou non sur les derniers relents de la fachosphère qui a un avis sur tout, tout le temps y compris sur la rencontre fortuite entre une poule et un cycliste.

De quoi vous donner envie parfois de prôner l’apatridie à la communauté des humains, mais ce n’est pas sérieux, par exemple vous n’êtes pas seul au monde, vous avez enfanté et la charge mentale que cela représente implique que sortir du cycle n’est pas envisageable.

Allez je vous le dis je me suis fait plaisir aujourd’hui, tous les mots qui ont sonné bizarre à vos oreilles font leur entrée au dictionnaire Larousse 2020. Alors rendez-vous sur la version en ligne de cet édito sur radio1.pf pour les identifier. Un peu d’amusement dans votre journée de dingue ça vaut le coup non ?

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