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Dernière mobilisation de rue pour réclamer l'abrogation de la loi travail

Paris (AFP) – Les syndicats organisent dans toute la France jeudi une dernière journée de grèves et manifestations pour réclamer l’abrogation de la loi travail, qui aura déclenché des mois d’affrontements politiques et de conflit social sans faire plier l’exécutif.

Des appels à la grève ont été lancés dans la fonction publique, à La Poste, chez Air France, France télévisions ou les intermittents du spectacle.

A la SNCF et à la RATP, le trafic était normal. Dans le ciel, en revanche, plus de 20% des vols étaient annulés en début de matinée à l’aéroport d’Orly et un retard moyen de 20 minutes était enregistré, selon des sources aéroportuaires. Soit davantage que les 15% de réductions de vols recommandés en amont par l’Aviation civile pour les aéroports d’Orly, Roissy et Beauvais.

« Face à une telle loi, on ne peut pas attendre les présidentielles (…) il faut que les salariés se mobilisent dans la rue », a dit sur France Info Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Pour Jean-Claude Mailly, son homologue à FO, la loi travail est « un ratage complet sur la méthode et le fond » qui va « laisser des traces » dans la majorité et suscite « beaucoup d’amertume » parmi les salariés qui ont battu le pavé pendant plusieurs mois, a ajouté le leader de FO, invité de France 2.

Ce dernier s’attend à voir « moins de monde ». Lors de la précédente journée, le 5 juillet, à peine 30.000 personnes avaient manifesté dans toute la France, selon la police, entre 6.500 et 7.500 à Paris (45.000 à Paris, selon les syndicats). La plus forte mobilisation, le 31 mars, avait réuni 390.000 personnes dans l’Hexagone, selon la police, 1,2 million selon les syndicats.

Après avoir réclamé, en vain, pendant des mois, le retrait de ce texte qu’ils considèrent comme source de « dumping social », les deux leaders marcheront à nouveau de conserve à Paris à partir de 14H00, entre Bastille et République, pour demander son abrogation. Ils auront à leurs côtés Bernadette Groison (FSU), Éric Beynel et Cécile Gondard-Lalanne (Solidaires), ainsi que les responsables d’organisations étudiantes et de jeunesse Unef, UNL et Fidl.

Avec près de 1.200 policiers mobilisés, selon une source policière, les forces de l’ordre seront au rendez-vous, les précédentes journées ayant été émaillées de violences.

Des meetings et manifestations sont prévus dans plus de 110 villes. A Belfort, le rendez-vous a été transformé en manifestation de mobilisation « pour Alstom ».

– ‘On ne laisse pas tomber’ –

Treize journées de mobilisation depuis mars, une pétition record, des sondages montrant la désapprobation des Français, recours à l’article 49-3 pour faire passer le texte sans vote au Parlement… : cette réforme, une des dernières du quinquennat, a connu un parcours particulièrement agité.

Fort du soutien de la CFDT, l’exécutif est resté inflexible, défendant un texte de « progrès social » et le présentant comme une solution pour lutter contre le chômage.

Après le baroud d’honneur dans la rue de ce jeudi, les syndicats opposés au texte n’ont pas prévu de nouvelle date de mobilisation. Mais ils espèrent maintenir la pression, en entreprise et devant la justice.

« On ne laisse pas tomber, la mobilisation va changer de forme », a dit M. Mailly.

Ils travaillent sur des recours possibles, notamment à travers des questions prioritaires de constitutionnalité, et se préparent à bloquer, dans les entreprises, tout accord permettant d’appliquer la loi: « il ne faut pas que la loi rentre dans les entreprises », a martelé jeudi M. Martinez.

A quelques mois de la présidentielle, le gouvernement veut aller vite sur ce dossier épineux. La plupart des décrets, dont les plus décriés (temps de travail, référendum, accords offensifs), doivent être publiés en octobre.

« Je reconnais des erreurs au lancement de cette loi, qui n’a ensuite eu de cesse d’être améliorée », a récemment confié la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Elle s’est également dite « fière des droits nouveaux qu’elle instaure, en particulier un droit universel à la formation pour tous nos concitoyens ».

Des opposants à la loi travail manifestent à Saint-Denis, le 6 septembre 2016. © AFP

© AFP/Archives JACQUES DEMARTHON
Des opposants à la loi travail manifestent à Saint-Denis, le 6 septembre 2016

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