EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Des couturières du génome gagnent le Nobel – Edito 08/10/2020

A un mois près il y a deux ans j’écrivais à propos de ces scientifiques qui se mettaient à jouer à Dieu avec la génétique. C’était à ce moment là un chercheur chinois qui affirmait avoir fait naître les premiers bébés génétiquement modifiés. Il se vantait d’avoir utilisé la technique dite des « ciseaux génétiques » afin de débarrasser les enfants à naître de tout risque d’infection au VIH SIDA. Avant lui personne ne s’était jamais targué d’avoir manipulé le génome d’un être humain en amont de sa mise au monde. Scandale mondial auprès de toute la communauté scientifique, les autorités chinoises remontées à bloc finiront par le déchoir de tous ses titres et de le poursuivre en justice. Le verdict est en fait tombé en janvier 2020 où il aura fini par écoper de 3 ans de prison et de presque 50 millions de francs pacifiques d’amende.

J’ai repensé à cette affaire car on apprenait hier qui étaient les récipiendaires du prix Nobel de Chimie. Il s’agit de la française Emmanuelle Charpentier et de l’américaine Jennifer Doudna, précisément pour leur découverte du potentiel des « ciseaux moléculaires ». Sans rentrer trop dans les détails et pour vous la faire courte, en sectionnant un brin d’ADN à un endroit précis on se rend compte que lors de sa reconstruction il est susceptible d’annuler les effets négatifs d’une gène voire même d’engendrer de nouvelles mutations. Celles-ci ont bien entendu un potentiel curatif mais pourraient aussi découler vers ce que j’estimais déjà à l’époque être une manière de revêtir sur Terre les oripeaux du Créateur.

Alors que des chercheurs du monde entier se sont engouffrés dans la brèche à coups de guerre des brevets pour être les premiers à dégainer des thérapies géniques pour telle ou telle maladie, cela a aussi ouvert le champ libre à des professeurs foldingues. Les émules du chinois condamnés dotés d’une même éthique toute relative et à géométrie variable se lancent dans le plus grand secret dans les méandres de l’eugénisme. Il s’agit de tout ce qui concerne la soi-disant amélioration de la race humaine, en sorte des Dr Mengele des temps modernes en moins gore espérons-le.

Comme c’est décidément de plus en plus le cas, la réalité rejoint encore plus étroitement la fiction, la science-fiction même. Toutes ces bandes dessinées ou films de supers mutants deviennent doucement mais sûrement des œuvres d’anticipation qui auront prédit notre futur.

Après, si tant est que l’on mette de côté une sorte d’atteinte au sacré et à un héritage céleste, tout porte à croire que pour supporter le saccage de l’environnement, l’Homme peut en effet avoir besoin de rentrer dans l’âge de la spéciation. Ce processus évolutif par lequel il va créer de nouvelles sous-espèces humaines, qui seront susceptibles de survivre dans les vestiges de notre monde, ou dans ceux qu’ils auront décidé d’atteindre parmi les étoiles pour mieux les corrompre à leur tour.

Article précedent

Répondeur de 7:30, le 08/10/2020

Article suivant

Journal de 7:30, le 08/10/2020

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Des couturières du génome gagnent le Nobel – Edito 08/10/2020