EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Des émeutes pour du Nutella … Révélateur ? – Edito 02/02/2018

Bon je pense que vous avez au moins vaguement dû en entendre parler car l’info à quelques jours déjà, cette émeute dans une série de supermarchés en Métropole qui vendaient des pots de Nutella à -70%. C’est effrayant pour deux raisons. La première c’est que c’est très mauvais pour la santé, puisque la valeur nutritive est ridicule tant le produit est principalement composé de gras et de sucre ; la deuxième c’est que c’est révélateur d’un terrible mal-être sociétal. On en a moins parlé mais quelques jours plus tard le même genre de bousculade s’est produit suite à une énorme promotion pour des couches pour bébé. Les derniers projets de loi à l’étude en France sur la quantification des ristournes autorisées dans la grande distribution est censé rationnaliser la donne. Ouf.

On pensait ces scènes surréalistes réservées aux américains qui ne manquent pas de nous dégoûter de la société de consommation tous les ans lors du Black Friday. N’hésitant pas à se piétiner, se taper dessus, à qui sera le plus rapide pour récupérer tel ou tel article. Mais ne nous leurrons pas, je mets ma main à couper que si de telles opérations étaient conduites dans les supermarchés du Fenua nous serions susceptibles d’assister exactement au même genre de triste spectacle. Même si c’était plus sage car les ristournes étaient dans des proportions largement plus raisonnables, le lendemain matin du Black Friday, dans la zone industrielle de la Punaruu, toute la matinée du samedi des centaines de personnes se sont pressées craignant de passer à côté de la bonne affaire.

En fait on est tellement submergé par les pubs, par la tentation, que non seulement nous nous créons des besoins mais qu’en plus de manière parfois totalement irrationnelle on a peur de manquer. On a établi en tant que norme l’opulence plutôt que la consommation réfléchie. Et comme si cela ne suffisait pas en cette veille de journée « sans paille en plastique », on a l’impression qu’à la fois l’industrie agroalimentaire jusqu’au traiteur de quartier ou le boulanger se sont donné le mot pour accompagner notre surconsommation de bouffe d’une aggravation de notre empreinte carbone. On en entend parler depuis des années mais on dirait que ça rentre dans une oreille pour sortir par l’autre, les emballages en plastiques sont toujours de la partie. Pour une simple brioche produite localement, achetée à l’unité, j’ai compté 4 épaisseurs de film alimentaire. Outre la frustration que ça a représenté de tenter de déballer le tout sans rien déchirer, et l’envie de manger qui a le temps de vous passer, s’en était choquant.

Non seulement nous devons réapprendre à  manger pour vivre et non pas vivre pour manger tout en rationalisant la manière dont on le fait, on a vraiment du pain sur la planche … enfin, une fois qu’on l’aura extrait de son emballage.

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