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Des Tahitiens énergisent Red Bull Va’a, et alors ? – Edito 10/10/2017

C’est l’histoire d’un petit pays qui rêvait de faire briller son sport fétiche dans le monde entier en l’exportant. Le va’a fait son petit bonhomme de chemin, doucement mais sûrement, en fédérant des émules aux quatre coins de la planète. C’est aussi l’histoire d’un petit pays qui en voulant se lancer dans la cours des grands n’en a pas compris les enjeux. Car voyez-vous professionnaliser un sport c’est aussi en accepter la dimension financière qui gravite autour. Celle qui peut justement lui permettre, parce que c’est le monde dans lequel on vit, de trouver les moyens de ses ambitions.

Un quotidien de la place a mis le feu aux poudres en titrant hier en une « EDT Va’a offre la Molokai à Red Bull ». C’était manifestement largement suffisant, et c’était totalement prévisible, pour engendrer un déchainement en règle sur les réseaux sociaux mettant au grand jour une vilénie polynésienne douloureuse. Des Tahitiens s’acharnant sur d’autres Tahitiens, leur reprochant ni plus ni moins qu’une trahison, un reniement de leur identité et de leur culture.

Mais au fond le débat c’est quoi ? C’est reprocher à des Polynésiens de monétiser leur talent pour concourir au sein d’une autre équipe quand la leur ne peut pas participer à la compétition. On n’est pas en train de parler d’une course entre nations, mais entre équipes. C’est comme au foot, on a le droit d’aller les chercher où on veut. Où est la trahison ? Où est le reniement de ses origines et de son identité alors que l’on est dans son droit ? En quel honneur fallait-il s’abstenir pour laisser le champ libre à Shell Va‘a ?  Depuis quand doit-on prendre en compte des critères irrationnels liés à une pseudo préférence nationale qui n’a pas lieu d’être ? Au final ce sont les plus forts qui ont gagné, c’est aussi simple que ça, ils n’ont pas triché. Le sport c’est à la fois du physique mais aussi de la stratégie, et l’argent est au service de celle-ci. Et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas la même chose au Fenua, les rameurs n’y sont sûrement pas recrutés qu’en échange de tricots, casquettes et de quelques pleins d’essence gratos. Un peu de sérieux …

Bien sûr il y a toujours la possibilité de faire machine arrière, ne pas accepter la marche du monde quand on n’a pas les moyens d’imposer la sienne, et abandonner toutes perspectives d’internationalisation du Va’a. A un moment donné il faut savoir ce qu’on veut et arrêter de jouer les mijaurées et simplement accepter, les règles du jeu.

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8 Commentaires

  1. allokoi
    10 octobre 2017 à 14h34 — Répondre

    très mauvais procès une fois de plus…dans « EDT va’a offre la victoire a red bull », on peut aussi interpréter que le talent des Polynésiens a permis aux Americains de gagner et pas seulement voir le petit débat ras les pâquerettes cité ici…voir petit une grande spécialité locale…et ça compte aussi pour les éditorialistes

  2. Herenui VARNEY
    10 octobre 2017 à 16h37 — Répondre

    Juste excellent l’article, je n’aurai pas dit mieux. le PITOisme Polynésien

  3. Villant
    10 octobre 2017 à 21h17 — Répondre

    Merci Monsieur Alexandre Taliercio pour cet excellent article merci.

  4. Tan
    11 octobre 2017 à 9h49 — Répondre

    LOL

  5. Georgy
    11 octobre 2017 à 18h24 — Répondre

    Il doit se tenir un vrai débat dans le calme et le respect le vàa est un sport culturel il faut accepter les velléités de chacun et se préparer à cette transition mais dans le temps , il est vrai que nos champions n’ont pas triché et que les meilleurs ont gagné , mais attention à l’argent dans le sport , il faut y être formé , et averti, il y aura des dérives , et le professionnalisme est un vrai métier , avec tout ce que cela pourra engendrer , mais il faut s’y préparer s’y structurer , car les grands champions sont passés dans les mains d’éducateurs sportifs souvent des personnes du monde amateur , et cest pour cela qu’il faut aussi accepter les personnes qui tiennent à certaines valeurs d’appartenance,mais un débat très intéressant peut être lancé dans le monde du vàa merci Gy

    • 11 octobre 2017 à 18h40 — Répondre

      Des paroles sages et bienveillantes dignes d’un champion. Merci et bravo Georgy.

  6. Tax
    11 octobre 2017 à 20h20 — Répondre

    Pour une fois je suis totalement d’accord

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