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Deux assassinats et un meurtre en récidive aux assises

La première session d’assises de l’année se tiendra du 14 au 27 février prochain au palais de justice de Papeete. Six affaires seront jugées dont cinq homicides. La première affaire à passer devant les jurés concerne l’homme de 39 ans qui avait écrasé en voiture et traîné sur 50 mètres l’amant de sa femme dans le quartier Alexandre à Tipaerui en 2014.

Durant la première journée de cette première session d’assises de 2017, qui se déroulera du 14 au 27 février, les jurés se pencheront sur une affaire d’assassinat. Les faits s’étaient déroulés le 10 décembre 2014 à Tipaerui. André, 39 ans, s’était rendu au domicile de Gérard, l’amant de sa femme, en fin d’après-midi dans l’intention d’en découdre. Sans descendre de sa voiture, l’homme avait menacé de brûler la maison et d’écraser son rival avant de partir. L’un des frères de la victime l’avait poursuivi en scooter, rattrapé et frappé. L’accusé avait ensuite roulé en voiture, bu de l’alcool et décidé de se venger en retournant dans le quartier à Tipaerui. André avait alors croisé Gérard qui marchait le long de la route et lui avait foncé dessus pour l’écraser contre un mur, avant de lui rouler dessus et de le traîner sur 50 mètres… Vers 22 heures, la DSP avait retrouvé Gérard gisant au sol, le pied droit sectionné et perdant beaucoup de sang. Il était ensuite décédé des suites de ses blessures… Inconnu de la justice, André comparaîtra pour assassinat. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Il tue son neveu à la hache

Le second dossier évoqué devant la cour d’assises concerne aussi un assassinat. Cette fois-ci sur l’île de Niau aux Tuamotu, après une dispute dans la journée sur fond d’alcool, Tatu, 52 ans, avait tué son neveu de deux coups de hache à la tête pendant que celui-ci dormait. Constatant le décès le lendemain matin, Tatu s’était rendu de lui-même à la mairie. Pour seul explication à son geste, il avait affirmé que s’il n’avait pas tué son neveu en premier, c’est lui qui l’aurait tué… Inconnu de la justice, mais connu pour avoir le vin mauvais dans le village, Tatu encourt la prison à perpétuité.

Un coup de poing mortel à Tautira

La troisième affaire concerne des « coups mortels », des faits de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. A Tautira, le 11 mai 2013, Heifara et Gustave s’étaient battus après une dispute autour d’une histoire d’argent au kikiri. L’auteur avait provoqué sa victime et lui avait porté un seul coup de poing. Gustave était tombé dans le coma et était décédé six jours plus tard d’un traumatisme crânien sévère. Egalement primo-délinquant, Heifara encourt 15 ans de réclusion.

Un meurtre en récidive à Raiatea

C’est un dossier rarissime de meurtre en récidive qui sera jugé dans la quatrième affaire. En juin 2015, les gendarmes de Raiatea avaient retrouvé le corps de Loïc dans sa cabane, dans la vallée Punamoe, après que sa disparition ait été signalée. Le voisin, Sébastien, était lui aussi porté disparu et s’était rendu quelques jours plus tard aux gendarmes. Les deux hommes étaient en fait cousins et deux semaines plus tôt ils avaient construits ensemble la cabane de Loïc. Le lendemain de la fin de la construction, Sébastien s’était rendu dans la cabane avait tué Loïc en lui assénant cinq coup de marteau sur la tête. Là encore, l’auteur a affirmé aux enquêteurs avoir agit par peur que la victime ne s’attaque pas lui. Il a évoqué ensuite la voix d’une fillette, du vaudou ou encore de la sorcellerie… La victime et l’auteur souffraient tous deux de troubles neuropsychologiques, additionné, pour Sébastien, à la consommation d’alcool et de paka. L’accusé avait déjà été condamné en 1997 à 16 ans de prison pour meurtre. Il risque cette fois-ci la perpétuité.

Il tue sa femme à coups de bâton

La dernière affaire que les jurés de la cour d’assises auront à juger porte sur des faits de violence conjugale mortelle. En juin 2015, Tamatea et Mihimana, en couple depuis un an, s’étaient alcoolisés au komo et avaient fumé du paka toute la journée à Raiatea. Une première dispute avait éclaté entre le couple parce que la femme ne voulait pas arrêter de boire et rentrer au domicile. Une première dispute qui s’était finie par une dizaine de claques. Une deuxième dispute avait éclaté plus tard, et cette fois Tamatea avait traîné Mihimana par les cheveux avant de se saisir un bout de bois, de la frapper à dix reprises et de la contraindre à un rapport sexuel. Au réveil, Mihimana s’était plainte d’avoir du mal à respirer, son compagnon était alors parti chercher de l’eau. A son retour, il avait découvert sa femme inanimée. Mihimana, atteinte d’une tumeur au cerveau, était décédée des suites d’un traumatisme crânien sérieux. La violence dans le couple était habituelle. Tamatea était déjà très défavorablement connu de la justice avec sept condamnations pour vols aggravés et stupéfiants. Il risque 20 ans de réclusion.

Enfin, une affaire de viol sur mineur de moins de 15 ans sera vraisemblablement également jugée à huis clos.

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