EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Devrait-on comme les québécois tout traduire de l’anglais au français ? – Edito 07/06/2018

Hier est sorti au cinéma en France « Jurassic World : Fallen Kingdom », demain sort au Québec « Monde Jurassique : le royaume déchu ». C’est drôle que chez nos cousins canadiens l’attachement à la langue française soit à ce point plus marqué que dans le pays où pourtant elle naquit. Nous sommes de plus en plus abreuvés d’anglicismes que nous laissons parasiter notre langue. A côté de ça pourtant l’Etat dépense des centaines de millions d’euros dans le système éducatif ou encore dans le rayonnement de la francophonie à l’international. Donc sommes-nous trop permissifs ? On préfère pêcher par « cool attitude » : parce que « ça le fait » de le dire en anglais, alors qu’au Québec on se fiche de passer limite pour des beaufs en traduisant systématiquement tout.

Toutefois, autant je comprends que l’on s’attache à traduire les titres des œuvres, autant il est curieux d’empiéter sur l’univers d’une marque et de ce qu’elle véhicule par ses éléments d’identification comme symboles de notoriété internationale. Ainsi la franchise de fastfoods KFC qui a fait un éphémère passage sous nos latitudes il y un peu plus d’une vingtaine d’années, l’acronyme de Kentucky Fried Chicken au Québec, s’appelle PFK pour Poulet Frit du Kentucky. Là, ça passe encore, il arrive parfois malheureusement que ce jusqu’au-boutisme de traduction tombe dans l’absurde.

Allez on se met en forme, je vous en ai trouvé quelques-unes, revenons au 7ème art : « Scary Movie » s’appelle chez eux « Film de peur » tandis que « Pulp Fiction » avec Uma Thurman est renommé « Fiction Pulpeuse ». Si je vous dis « Grease », tout de suite vous pensez à ce film d’anthologie avec John Travolta, sauf que chez nos cousins ça leur ne dira rien, chez eux il s’appelle « Brillantine ». Un petit dernier pour la route ? Le superbe « Dirty Dancing », là-bas c’est « Danse Lascive », oui, ça sonne pas du tout pareil c’est sûr.

Tout l’art et la manière pour respecter notre propre langue sans tomber dans le ridicule, serait peut-être de proposer des gratifications à tous ceux qui feraient l’effort de se creuser la tête afin de trouver des compromis cohérents.  Parce que nous on fait quand même très fort. On traduit des titres anglais, par d’autres titres anglais. Aux USA, la fameuse série des « Very Bad Trip », s’appelle « Hangover » qui se traduirait par « Gueule de bois ». Des fois on fait pire, on mixe les deux langues, ainsi le film « Runaway Bride » avec Julia Roberts et Richard Gere est devenu « Just Married (ou presque) ». Et je vous en passe et des meilleurs.

Un titre qui a mis tout le monde d’accord, « Solo », le dernier opus la saga Star Wars, qui s’appelle pareil dans le monde entier, mais qui n’attire pas les foules pour autant.  Peut-être que si on l’avait rebaptisé « Duo » ?…

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