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Directrice du CHPF et candidate à Bora Bora : le cumul n’effraie pas Hani Teriipaia

©valerieb_photographie/ FB Hani Teriipaea

« Légal », « tout à fait gérable » et même « intéressant » pour la commune… Hani-Teriipaia-Ott, qui vient d’officialiser sa candidature en tête de la liste Ia ora Popora, ne voit aucun problème à cumuler ses fonctions de directrice du CHPF avec sa campagne, voire avec un mandat de tavana. La fille de Mita Teriipaia va donc défier à son tour Gaston Tong Sang, qui occupe le siège de maire depuis qu’elle est née. Mais il s’agit bien de porter sa propre « vision d’avenir » pour l’île. Et ses projets : la construction d’un nouveau marché, d’un centre culturel, d’une clinique pour accoucher à Bora, ou d’un centre de lutte contre les addictions,  la mise en place de la cantine gratuite et un « panier Pōpora » pour les plus démunis.

« Des projets à l’image de notre culture et de nos origines, c’est la ligne directrice », de Hani Teriipaea-Ott. L’ancienne directrice de l’Arass et actuelle directrice du CHPF depuis novembre 2024, a officialisé vendredi sa candidature aux municipales de Bora Bora avec « une liste ouverte » baptisée I a ora Popora.

Si sa vidéo d’annonce affiche un sticker « Vote for change », c’est qu’elle sera opposée à un des tavana les plus ancrés du fenua. Gaston Tong Sang, réélu au premier tour en 2020 est en poste depuis près de 37 ans, soit peu ou prou l’âge de la jeune candidate. L’ancien président du Pays brigue un septième mandat, pour mener à bien ses « immenses projets », dont l’aménagement du « Grand Vaitape » et du « pôle d’activité commerciale, touristique et culturelle » Quintessence. La fille de Mita Teriipaia, ancien ministre de la Culture nommé, justement, sous la présidence de Gaston Tong Sang, et qui était meneurs de listes municipales concurrentes à plusieurs reprises, assure ne pas s’être présentée « en fonction » de son adversaire, « mais vraiment pour porter mes projets et ma vision, mes perspectives d’avenir pour mon île et ma population ». Elle assure que sa candidature n’est en rien liée au Tavini, et n’a pas reçu de soutien particulier du président Moetai Brotherson.

CHPF et tavana : « J’ai l’intention de cumuler les deux »

Cette candidature en tête de liste, qui a déjà suscité une vague de commentaires, est inédite pour la directrice du plus important établissement public du Pays, en termes de personnel – plus de 2000 agents -, de budget – 35 milliards de francs -, et de poids dans le débat public. Mais Hani Teriipaia n’y voit pas de difficultés, ni pour la campagne, pendant laquelle elle n’entend pas se mettre en retrait, ni en cas d’élection. « Historiquement tous les élus cumulent », rappelle la candidate, et ce sera aussi son cas. La prétendante au siège de maire assure que sa candidature comme un éventuel cumul de fonctions sont « légalement autorisé, tant qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt« . « Ensuite pour moi c’est tout à fait gérable, parce que Bora Bora est à 45 minutes, et il y a plusieurs vols dans la même journée, sans oublier que je le fais déjà là dans le cadre de la campagne, précise-t-elle. Et les tâches opérationnelles quotidiennes, je pourrais les confier soit à mon équipe opérationnelle de l’hôpital, ou aux élus adjoints au maire« .

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Pour elle, sa fonction de directrice hospitalière, qu’elle occupe depuis un peu plus d’un an, est au contraire un atout. « Avec les différentes crises qu’il y a eu au CHPF que j’ai résolues, j’ai prouvé mes capacités d’organisation, affirme-t-elle, même si plusieurs services du Taaone connaissent des tensions importantes, notamment sur la gestion de leur personnel. Et en plus, le fait d’être à Tahiti dans mes fonctions au CHPF, ça bénéficie à Bora, parce que je suis en lien très fort avec l’État, le Pays, les différents ministères, ce qui permet en tant que maire de ne pas être isolée », précise-t-elle.

Jusqu’à 15 000 francs par mois pour les familles sous le seuil de pauvreté

Dans son programme, la candidate a prévu six points principaux, et parmi eux se trouve en premier lieu le volet social. « J’ai mis en premier le fait de créer un panier Pōpora, c’est-à-dire une aide sociale pour les 600 familles qui sont sous le seuil de pauvreté et qui sont vraiment en difficulté à Bora Bora, indique Hani Teriipaea. Ce serait une aide de 15 000 francs par mois par foyer, selon le seuil de revenu. Et ce serait complémentaire aux aides sociales du Pays. »

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« Pour moi, l’école, elle est obligatoire pour tous, mais le repas doit l’être aussi », ajoute la candidate qui propose ainsi « la prise en charge de la cantine scolaire pour les 1 200 enfants de l’île », de la maternelle au lycée. « Depuis juillet, le Pays prend en charge 200 francs pour tous les élèves, quel que soit le régime social, et donc la commune pourrait compléter avec 300 francs, par exemple, si le repas est à 500 francs. » 

« Un centre culturel et un grand marché pour le centre-ville »

Dans l’idée de « recréer du lien social et de cohésion sociale à Bora Bora », la candidate entend aussi construire « un centre culturel et un grand marché pour le centre-ville, en matériaux locaux et selon l’architecture polynésienne, explique-t-elle. Il permettrait de donner un espace d’expression de la culture au travers de danse, des chants, mais aussi par une école d’art pour nos jeunes avec du tressage de ni’au, de la sculpture sur bois, la construction de va’a, etc. ».

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« Promouvoir » aussi « la construction d’une clinique privée » est une des priorités de la tête de liste, en mettant à disposition « par exemple d’un foncier de la mairie ou du pays et une aide à l’investissement », qui permettrait notamment « à nos femmes d’accoucher à Bora Bora au lieu de Raiatea ». Toujours dans le domaine de la santé, la directrice de l’hôpital souhaite également faire « un centre d’accompagnement et d’aide aux addictions ». 

Parmi les autres engagements de la candidate se trouvent aussi la mise en place d’activités sportives « 100% gratuit pour les 12-15 ans ». Et en ce qui concerne la gestion des ressources, Hani Teriipaia entend « rendre accessible à tous l’eau potable », et « promouvoir » les énergies renouvelables « comme le solaire ».