EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Doit-on tous payer la même chose chez le coiffeur ? – Edito 28/10/2015

Tout le monde doit-il être logé à la même enseigne partout ? Par les temps qui courent, économiquement difficiles, on trouve que se poser cette question est de plus en plus légitime. Et elle m’est venue en tête en me regardant dans le miroir hier matin.

Pourquoi ? Parce que je trouvais que j’avais de moins en moins de cheveux. Là y’en a qui se disent : « mais qu’est ce qu’on en a à faire ? ». Certes, laissez moi deux minutes et vous allez comprendre. La faute à pas de chance, au stress, ou à ma surproduction de testostérones (ce qui n’a donc pas que des bons côtés), le fait est que je donne de moins en moins de travail à mon coiffeur plus les années passent. Et je me suis donc dit « mais au fait, pourquoi s’il n’a pas besoin de passer trois quart d’heure à batailler avec ma touffe, dois-je payer le même tarif que quelqu’un qui est pukarara (à la chevelure fournie et sauvage). J’ai déjà remarqué en lisant par curiosité les sortes de menus qu’on trouve chez eux, qu’une femme, elle, en fonction de la longueur de ses cheveux bénéficie justement de tarifs différents. Elle est où la parité ? Et là j’en imagine certains qui dans leur voiture ont le réflexe d’acquiescer parce qu’ils savent qu’avec les trois tifs qu’il leur reste et qui se battent en duel le ratio prix de la coupe par rapport au nombre de cheveux taillés est scandaleusement colossal.

Cependant ensuite j’ai réfléchi un peu et je vais être totalement franc. Mon coiffeur, Charles pour ne pas le citer, a manifestement du talent. Ce serait finalement totalement injuste de payer moins que le prix affiché, quand je le vois parfois à la limite de la galère pour tenter de donner un mouvement salvateur à ce qui me reste de cheveux, pour que la couverture opacifiante de mon crâne soit la plus efficace possible. Après tout c’est vrai, les coiffeurs n’ont pas à tomber en mode mission humanitaire.

Nous sommes des dizaines de millions à assister inexorablement chaque jour un peu plus à l’apparition outrageante d’une tonsure qui va en grandissant et qu’il ne sera bientôt plus possible de camoufler. Certains pensent au toupet ou autre perruque, d’autres à la chirurgie (très chère pour les techniques les plus efficaces et bluffantes), et finalement certains, comme mon boss à Radio 1 ont opté pour … la boule à Zéro. En digne mélange d’un Jason Statam-Bruce Willis-Vin Diesel je pense que c’est toi qui a raison Fred ! L’assumer  est peut-être la meilleure manière de vivre avec notre disette capillaire.

Enfin ce qui est pratique quand on fait de la radio, c’est qu’on peut trinquer à mort physiquement personne ne s’en rendra compte dans l’absolu. Donc voilà ce que je vais faire, d’ici à mon retour à la télé pour le début d’année prochaine je vais laisser couler, ne pas me prendre la tête, compter sur les progrès de la technique et des effets spéciaux, parce qu’avec ce qui me reste ce serait dommage de me couper les cheveux en quatre.

NDLR : Notre sujet tombe … pile poil … regardez ce que Stéphane, un internaute nous a envoyé comme lien : Calvitie : la repousse des cheveux à portée de main

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