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Donald Trump très isolé en pleine tempête avant un débat crucial

Washington (AFP) – Il y a « zéro chance que j’abandonne » la campagne présidentielle, a affirmé samedi Donald Trump, très isolé et critiqué jusque dans son propre parti républicain et même par son colistier pour ses propos vulgaires révélés la veille.

« Jamais au grand jamais je n’abandonnerai », a assuré le candidat de 70 ans au Wall Street Journal, en démentant être cette fois vraiment sorti de la route censée le conduire vers la Maison Blanche.

« Je recueille un soutien formidable tellement Hillary Clinton est une candidate affichant des défauts effroyables », a ajouté le magnat des affaires au sujet de sa rivale démocrate.

Mais les soutiens semblaient au contraire samedi quitter le navire Trump, dans l’oeil du cyclone après la publication d’une vidéo dans laquelle le trublion républicain tient des propos grossiers et insultants envers les femmes.

« Donald Trump doit se retirer et Mike Pence devenir notre candidat de façon immédiate », a estimé John Thune, qui fait partie de l’équipe de direction des républicains du Sénat.

D’autres élus républicains ont annoncé samedi qu’ils ne voteraient plus pour le candidat investi par leur parti. 

Mike Pence, le colistier de Donald Trump, s’est lui déclaré « outré » par les propos machistes et vulgaires de l’homme avec lequel il forme un tandem.

– Trump condamné par son colistier… –

« En tant qu’époux et père, j’ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de 11 ans », a indiqué le candidat à la vice-présidence. 

« Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre », a-t-il ajouté, en saluant toutefois le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

Dans ces images filmées par NBC en septembre 2005, Donald Trump est enregistré en train de se vanter en termes machistes de sa façon d’approcher les femmes qui l’attirent, des propos évoquant des comportements proches du harcèlement sexuel.

« Quand t’es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire », affirme-t-il, en utilisant un mot très cru pour le sexe féminin.

M. Trump confie aussi ne pas pouvoir s’empêcher d’embrasser les belles femmes et d’avoir tenté de séduire sexuellement une femme mariée, en recourant là-encore à un mot vulgaire.

Face au tollé national provoqué par ses déclarations graveleuses, Donald Trump a diffusé dans la nuit de vendredi à samedi une vidéo tournée en urgence pour tenter de limiter les dommages.

« Je n’ai jamais dit que j’étais une personne parfaite », y déclare-t-il. « J’avais tort et je m’excuse », poursuit-il, en se disant « rempli d’humilité » et en s’engageant à devenir « un homme meilleur ».

Trump Son épouse Melania est venue samedi à sa rescousse, demandant aux Américains d’excuser son mari pour ses propos qui, selon elle, ne représentent pas qui est réellement Donald Trump.

« Les mots que mon mari a utilisés sont à mes yeux inacceptables et outranciers. Ils ne représentent pas l’homme que je connais », a déclaré dans un communiqué Mme Trump. « J’espère que les gens accepteront ses excuses, comme je l’ai fait ».

Mais la campagne de Donald Trump, déjà chahutée, l’est encore davantage, plaçant en position de force Mme Clinton à la veille du deuxième débat télévisé entre les deux candidats.

Celui-ci s’annonce houleux, d’autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la candidate démocrate.

Sur la défensive face à ses turpitudes, Donald Trump pourrait accuser Hillary Clinton d’avoir rudoyé les maîtresses de son mari, Bill, dans les années 1990.

– … et même Arnold Schwarzenegger –

Donald Trump a déjà connu des semaines noires, notamment en août, mais il s’était relevé de ses dérapages.

La différence est que ces révélations émergent à seulement un mois du scrutin, tandis que les Américains commencent à voter de façon anticipée.

La panique gagne donc les rangs républicains, par crainte d’une déroute générale en novembre, quand le Congrès doit aussi être renouvelé.

Les uns après les autres, les ténors du parti continuaient samedi à prendre leurs distances. La liste comprend notamment l’homme fort du Congrès, Paul Ryan, l’ancien candidat aux primaires républicaines Marco Rubio, l’ex-candidat républicain en 2012 Mitt Romney.

« Pour la première fois depuis que je suis devenu citoyen américain en 1983, je ne voterai pas pour le candidat républicain à la présidentielle », a déclaré de son côté Arnold Schwarzenegger, ex-gouverneur de Californie.

Samedi, Hillary Clinton a retweeté une phrase d’un éditorial du journal Denver Post énonçant que « la présidente Hillary Clinton, même dans son pire jour, serait meilleure que le président Donald Trump quel que soit le jour ».

La vidéo de 2005 « est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat il est certain qu’on va lui poser la question », prédit Larry Sabato, politologue de l’Université de Virginie.

« Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s’en fichent », dit cet expert. « Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien ».

Donald Trump en meeting dans le New Hampshire le 6 octobre 2016. © AFP

© AFP Mary Schwalm
Donald Trump en meeting dans le New Hampshire le 6 octobre 2016

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