EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Douloureuse frilosité à propos du Cannabis thérapeutique – Edito 19/10/2020

Ce n’est pas magique, au Fenua aussi on compte par centaines les malades souffrant de douleurs chroniques à divers degrés. Polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, séquelles d’un accident, etc. : les causes peuvent être diverses et bien réelles pour ceux qui en pâtissent. On a tous déjà eu mal, voire très mal, puis on s’en est remis. Mais l’espace d’un instant figurez-vous les gens qui vivent, ou plutôt survivent, avec des douleurs lancinantes et/ou constantes au quotidien. Ainsi, souvent, c’est toute leur vie que ces patients remettent en question tant leurs relations sociales sont impactées, leur caractère et leur personnalités modifiés, leur estime de soi totalement écornée.

Donc parce que ce n’est pas quelque chose de normal de devoir s’accommoder du fait d’avoir mal – si tant est que ce soit possible en fonction de l’intensité du ressenti – on prescrit des médicaments. Il existe une vaste frange de la population pour qui les antalgiques communs, les antiinflammatoires et autres corticoïdes, atteignent leurs limites quand il est question de combattre les douleurs les plus fortes et récurrentes. La ribambelle d’effets indésirables qui découlent de leur utilisation massive impliquent une autre manière de s’abîmer le corps et de développer d’autres pathologies. Il existe bien les dérivés de la morphine qui en France, contrairement à une idée reçue, peuvent être prescrits en dehors du milieu hospitalier. Les dérives du Fantanyl qui circule sous le manteau aux USA et qui est la cause de plus de 40 000 décès par overdose chaque année, n’ont rien à voir avec la prescription hyper encadrée telle qu’elle est faite chez nous. Sauf que ces antidouleurs à base de morphine, sont prescrits au compte-goutte, car si en effet ils sont particulièrement efficaces, leur utilisation au bout de quelques jours a trop tendance, entre autres, à bouleverser le système digestif et provoquer une somnolence permanente.

Tout l’enjeu pour l’industrie pharmaceutique et le monde médical est donc de bénéficier d’une molécule qui sans faire de vous un figurant potentiel dans la série The Walking Dead, parviendrait quand même sans vous esquinter encore plus, à vous soulager. En ce lundi 19 octobre décrété par l’OMS comme étant la journée mondiale contre la douleur m’est-il donné l’occasion de me faire l’écho de tous ceux qui déplorent les atermoiements de nos politiques et de certains professionnels de santé copains-coquins avec le Big Pharma. Ceux qui en dépit des résultats massifs d’un nombre de pays croissant, entretiennent un irrationnel trop-plein de prudence frisant la défiance, envers l’utilisation du Cannabis et ses dérivés à usage thérapeutique. Autant de gens qui eux n’ont sans doute pas mal ; qui comme une majorité en Occident sous-estiment totalement le poids de la douleur chronique dans notre société. Aussi un grand bravo à tous ceux qui veulent faire bouger les lignes et qui ont le courage de dénoncer cette hypocrisie au potentiel dangereux tant elle fait perdre un temps précieux au bénéfice de ceux qui ne veulent pas voir des éléphants rose, mais juste un peu plus la vie en rose.

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