EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Droits des femmes : de la fragilité des acquis – Edito 29/04/2021

Une fois n’est pas coutume j’aimerais profiter de ce billet pour faire un mea culpa. Non qu’il soit exceptionnel chez moi de reconnaître publiquement que je puisse me tromper, juste qu’ici le sujet est suffisamment important pour que je consacre du temps à m’auto renier notoirement. Au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, le 9 mars dernier, je me croyais bien inspiré en argumentant pendant 2mn30 qu’il était limite devenu archaïque de les célébrer. Au-delà du genre, j’estimais qu’il fallait plutôt se donner les moyens de consacrer l’Humain avec un grand H au quotidien. Pardon d’avoir pêché à la fois par naïveté et surtout par manque de discernement. Quand intellectuellement on s’impose un haut degré d’exigence, autant vous dire que là, avec du recul et des contre exemples qui vident l’eau de son moulin, on se sent particulièrement nigaud.

Le postulat de la démonstration que j’incrimine reposait sur le fait que je doutais, en toute sincérité, du besoin d’avoir à consacrer à date précise une problématique de société devenue récurrente. Cependant, objectivement, la journée des droits des femmes est justement l’occasion de capter l’attention du grand public et des décideurs afin de rappeler avec plus d’écho médiatique à quel point les avancées sociales des femmes se sont faites dans la douleur, sans compter que l’on est encore très régulièrement confronté à des inégalités frappantes. C’est aussi l’occasion de faire beaucoup de pédagogie. Ainsi, des faits d’actualité ont davantage enfoncé le clou, me faisant réaliser à quel point une journée spéciale n’était en fait vraiment pas de trop.

Je fais référence non pas à des échanges entre machos bourrés et bourrins attablés autour d’une girafe de bière blonde dont j’aurais pu entendre des bribes de conversations et qui m’auraient fait me dire qu’en effet rien n’est gagné dans le domaine. Non. En 2021, des représentants au Conseil Economique Social et Environnemental de la Polynésie française estiment donc qu’il est de bon ton de débattre dans leur hémicycle de l’opportunité, de la légitimité, de l’Interruption volontaire de grossesse. Mes camarades de la Rédaction vous ont déjà révélé le détail du contenu de ce qui a été dit, et cela me laisse profondément songeur quant au niveau qui est illustré.

Mais le plus grave ici n’est-il pas le manque de réaction de leurs consœurs siégeant à leurs côtés et présentes dans cette assemblée ? Étaient-elles à ce point prostrées, soumises, lorsque ces messieurs, la gueule enfarinée, croyant faire avancer le débat, s’estimant avec une outrecuidance pathétique qu’ils avaient un rôle à jouer dans l’histoire, abîmaient une des références absolues des avancées durement acquises au niveau des droits des femmes ? Ce n’est certainement pas en jouant les potiches qu’on va faire avancer la cause. Mea culpa, à qui le tour ?

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Journal de 7:30, le 29/04/21

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