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Du mieux, mais des manques dans la réforme du permis de conduire


Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) étudiait ce matin un projet de loi du pays touchant aux règles d’enseignement de la conduite et du code de la route. Un texte qui doit notamment permettre au CFPA de faire passer le permis de conduire gratuitement à ses stagiaires. Mais pour les conseillers le problème de fonds n’est pas traité : le permis coûte trop cher et les candidats ont un taux d’échec trop important au fenua.

Ni pour, ni contre, bien au contraire. Le Cesec a choisi de ne pas rendre d’avis favorable ou défavorable à ce projet de loi, qui devrait être mis au vote à l’assemblée de Polynésie Française dans les semaines à venir. Le texte réorganise et modifie plusieurs dispositions du code de la route polynésiens attenant à l’enseignement de la conduite. Nouvelles conditions pour ouvrir une auto-école, sanctions contre les moniteurs sans autorisation, nouvelle méthode de répartition des places d’examen… Des dispositions techniques qui devraient surtout intéresser les professionnels. Mais s’y ajoutent deux bonnes nouvelles pour certains futurs candidats : la loi de pays organise les possibilités d’enseignements théoriques à distance, ce qui devrait se révéler pratique dans les très nombreuses îles qui n’accueillent pas d’auto-écoles. Et surtout, elle admet une distinction entre enseignement « onéreux » et « non-onéreux de la conduite ». Une modification taillée sur-mesure pour le CFPA, dont le président Fritch avait annoncé voilà plus d’un qu’il formerait au permis de conduire.

Cette « plus-value » dont les stagiaires du centre de formation professionnelle des adultes ne pourront profiter qu’à la fin de leur formation était, entre autres, demandée par les employeurs. Les patrons alertent depuis longtemps sur leurs difficultés d’embauche quand la majeure partie des candidats sont dépourvus d’un permis B. L’idée est de « favoriser leur insertion professionnelle » insiste le directeur du CFPA Michel Blanchemanche, qui se défend de toute « concurrence déloyale » envers les auto-écoles privées. Sur les près de 3 000 candidatures que le centre reçoit tous les ans, seuls 500 rentrent en formation. « Ça laisse 2 000 à 2 500 personnes, dont la plupart n’ont pas le permis, sur le marché », calcule le responsable. Le Pays a pris ses dispositions pour financer les formations et le CFPA s’est déjà doté de véhicules adaptés, et de 4 moniteurs agréés. 200 stagiaires devraient être accompagnés vers le permis la première année… dès que la réglementation sera votée.  

Dans les rangs du Cesec, on salue bien sûr cette avancée, qui pourrait aussi profiter à la Fédération de personnes handicapées Te Niu o te Huma. Mais de l’avis général, le reste du projet de loi du Pays est décevant.

Deux fois plus d’échecs qu’en métropole

En juillet 2019, le conseil s’était déjà intéressé à la problématique du permis de conduire, cruciale en termes économique et social, vu le manque de transports en commun en Polynésie. « On avait identifié trois problèmes majeurs, celui de la possibilité de faire passer le permis lors de formations professionnelles en était un, mais il en reste deux autres et ils ne sont pas traités », note Christophe Plée, président de la CPME et membre de la commission économique du Cesec. Les deux autres défis : le coût du permis, difficile à supporter pour beaucoup de Polynésiens, et notamment les jeunes et les demandeurs d’emploi. Et le taux de réussite à l’examen, qui avoisine les 30% là où la métropole atteint 60%.

Le Cesec, qui avait donné un avis favorable à la loi de pays relative à l’aide au financement du permis de conduire, a de nouveau listé les recommandations qui l’accompagnait. Élargissement des bénéficiaires des aides, ciblage des populations défavorisées, réductions de prix du carburant pour les professionnels, incitation à l’obtention de permis poids-lourd et spécialisés, nombre d’heures minimum de conduite et de code, adaptation des contenus pédagogiques… « Nous renvoyons vers ces recommandations, qui n’ont pas été entendues pour l’instant », note Félix Fong, un des rapporteurs de l’avis.

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