EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

« Duas et bene pendentes » : E. Fritch et sa bourse

On le savait déjà qu’on vivait dans un monde où tous les jours on se doit de mener un combat pour pouvoir exister sous notre plein potentiel. D’ailleurs selon les endroits où l’on se trouve sur la planète ce « combat » peut être livré soit au propre soit au figuré et avec toute une panoplie d’armes. Celles-ci vont du sourire aux larmes, du débat aux coups de poings, des cris de protestation à la prière, du coup de canif au lâcher de Napalm …

Parce que l’on a avant tout envie de vivre et pas juste de survivre on rêve donc qu’au sein du berceau de l’humanité la tolérance soit le fer de lance du mieux vivre ensemble. Nous avons donc besoin d’une société où les gros, les maigres, les estropiés, les croyants, les athées, les blancs, les colorés, les gueules cassées, les trans, les gays, et tous ceux qui ne se sentent pas dans la pseudo norme, soient intégrés et respectés comme étant des briques fondamentales du grand Nous.

Aussi que notre Président Edouard Fritch en soit convaincu au point d’avoir cru bon de le dire en pleine Assemblée : que le propre d’un Chef efficient serait d’être doté d’une paire de testicules assumée et bien présente dans ses sous-vêtements, ne participe pas à cet effort collectif que nous devons mener d’inclusion généralisée. De prime abord, par pur réflexe on pourrait se réjouir quand un Chef affirme son leadership, mais à condition que cela s’inscrive dans la constance et que cela ne ressemble pas à une loterie à deux boules, dont le tirage se fait quand ça arrange.

Et puis de toute façon, si tout était question de gonades cela voudrait-il dire que des leaders de sexe féminin comme Angela Merkel en Allemagne ou encore Jacinda Ardern en Nouvelle Zélande, qui toutes deux s’illustrent par une gestion pertinente de cette crise sanitaire chez elles, ne doivent leurs succès qu’à leur paire d’ovaires ? Etrange. Par les temps qui courent on se passerait bien d’un énième cliché sexiste qui sent le renfermé.

Car ce sont tous ces clichés qui participent au pourrissement de l’inconscient collectif et qui sont des freins supplémentaires à la bienveillance qui devrait prévaloir pour qu’on s’accepte davantage les uns les autres. Aussi, comme tous les chinois ne sont pas vecteurs de coronavirus, que tous les tahitiens ne sont pas des alcolos abrutis qui dans leur soûlographie tabassent leur femme et violent leur gamine, ce n’est pas parce que des popa’a se rebiffent contre le confinement que tous les blancs sont des cons incapables au-delà de l’aspect légal de se rendre compte de la portée morale d’intenter des procédures pour ces motifs.

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Journal de 7:30, le 18/05/2020

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