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Économie : la confiance est revenue en 2024 mais reste fragile

L’IEOM a présenté ce jeudi une synthèse du bilan économique 2024 de la Polynésie française, qui sera publié dans son intégralité en juin. Les raisons d’espérer : une inflation contenue, la confiance des entreprises, un marché du travail plus dynamique et une dette publique soutenable à 25% du PIB. Les raisons de s’inquiéter : la politique économique américaine, mais aussi le « manque de visibilité sur les orientations de la politique économique du Pays », et « des alertes sur le climat social ».

« On peut dire qu’aujourd’hui l’économie polynésienne se porte plutôt favorablement, et certainement en meilleure posture que l’ensemble des outre-mers », dit le directeur de l’IEOM Thierry Beltrand. « Aussi bien au niveau des entreprises que des particuliers, la situation s’est améliorée », dit-il.

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L’emploi reprend des couleurs

Le Polynésie confirme donc en 2024 la bonne forme constatée en 2023. L’indicateur du climat des affaires n’a pas faibli, les entreprises ont consolidé leur trésorerie, et elles ont pu « renforcer leurs effectifs sans trop dégrader leurs charges d’exploitation ». Une embellie pour l’emploi : le nombre de salariés en ETP (équivalents temps plein) est passé de 62 800 en 2023 à 64 700 en 2024, une progression attribuable principalement aux secteurs de l’hôtellerie-restauration et des services, qui a fait baisser le taux de chômage de 8,5% à 7,5%, soit 2,5 points de moins qu’en 2019, et le taux d’emploi de 55,8% à 57,7%.

La consommation des ménages progresse toujours, sauf en matière d’habitat

La hausse des prix – l’in flation – se limite à 1,2%, contre 3,3 % en 2023 et 6,4% en 2022. La consommation des ménages est toutefois soutenue par un plus grand recours aux crédits à la consommation, qui progressent de 15% en un an. Les ventes de véhicules, 5 825 unités en 2024, restant supérieures aux ventes annuelles de la dernière décennie à l’exception de 2023, année record. En revanche, les crédits immobiliers se contractent de 20% face aux taux d’intérêt encore élevés et l’offre limitée, et l’épargne des particuliers augmente de 2,9%, et elle est davantage placée dans des assurances vie et des dépôts à terme dont l’attractivité a grandi avec la remontée des taux d’intérêt.

Les investissements des entreprises marquent le pas

Malgré les baisses régulières des taux directeurs de l’IEOM, la production de crédits aux entreprises chute aussi, de 26 milliards, après avoir connu une année record en 2023 particulièrement sur les crédits d’équipement. Mais les banques bénéficient d’une baisse des créances douteuses des entreprises (3,5% contre 9% en 2023), et des particuliers (2,5%), les défaillances d’entreprises sont en baisse, de même que le nombre de dossiers de surendettement.

Thierry Beltrand prend soin de préciser que tout le monde ne se reconnaitra pas dans ce tableau optimiste. Il explique pourquoi : le poids des plus grandes entreprises avec les plus gros effectifs dans les enquêtes de l’IEOM.

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Mais la confiance des entreprises pourrait se dégrader et l’attentisme augmenter, avec des effets sur l’activité, l’emploi et la production de crédit. « On est en bonne position pour pouvoir éventuellement affronter une crise qui reviendrait, dit le directeur de l’IEOM, mais ça va dépendre de l’ampleur de la crise, on a bien vu dans le passé que la Polynésie était très sensible. » L’incertitude pour l’année en cours vient principalement des effets de la politique économique des États-Unis, dit le directeur de l’IEOM.

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Autres facteurs d’incertitude, locaux cette fois : « les réformes fiscales et sociales en suspens, le manque de visibilité sur les orientations de la politique économique, et des alertes sur le climat social », en référence aux récentes menaces de grève.