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Édouard Fritch appelle Oscar Temaru à « mettre de l’ordre dans sa famille »

Le président du Tapura a, dès le début de la session extraordinaire de l’assemblée ce mercredi, sonné la charge contre le parti indépendantiste, « sanctionné » aux municipales pour ses « promesses non tenues », ses « contradictions permanentes »… Et surtout ses divisions. Après le départ de Tematai Le Gayic, aucun doute, un « groupe Tavini bis » va se former à Tarahoi, prédit l’ancien président, qui en a profité pour lancer dans son camp la mobilisation pour 2028. Côté bleu ciel, la réponse est restée timide : Oscar Temaru a de nouveau lancé un appel à l’union pour la « libération » du pays, et Moetai Brotherson a renvoyé le Tapura à ses propres divisions et ses propres échecs à Papeete, Papara ou Tumaraa.

Reprise des débats, et des hostilités, ce mercredi matin à Tarahoi, qui a connu sa première session depuis la fin d’année dernière. Une session extraordinaire demandée par le gouvernement pour étudier un collectif budgétaire en grande partie consacré à la crise au Moyen-Orient. Mais avant de parler de prix des carburants, d’ATN ou du CHPF, ce sont les municipales qui ont fait l’objet des premiers échanges. Des échanges forcément musclés, et lancés d’abord par Édouard Fritch qui estime que le Tavini comme le gouvernement doivent tirer les conséquences du « verdict » électoral sanctionnant le Tavini et observé « partout en Polynésie ». Si le président du Tapura compte onze tavana élus ou réélus dans son groupe, il ne salue, côté bleu ciel, que la victoire d’Oscar Temaru dans son fief de Faa’a. Il note surtout que Moetai Brotherson lui même a qualifié de « catastrophiques » ces résultats, citant l’analyse du président du Pays qui avait lié cet échec à la confusion des élections, aux discours sur les nodules polymétalliques et aux autres « erreurs stratégiques » commises par son parti, le tout sur l’antenne de Radio 1. Mais pour Édouard Fritch, Oscar Temaru n’est pas le seul responsable de la défaite : « On oublie de dire de l’autre côté que c’est peut-être aussi la politique menée par le gouvernement qui fait que les électeurs Tavini Huiraatira sont partis ailleurs ».

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« Ils vont constituer un nouveau groupe, un Tavini Huiraatira bis je ne sais pas »

Le chef de l’opposition autonomiste semble d’ailleurs pencher vers cette analyse, dénonçant les « contradictions permanentes » de l’exécutif depuis trois ans, ses « promesses non tenues »… Et au passage les « confrontations internes » incessantes du Tavini, autre explication des résultats municipaux selon lui. En témoignent les démissions d’Odette Homai en février, et, ce lundi soir, de Tematai Le Gayic. Aucun doute pour Édouard Fritch, le parti au pouvoir traverse un « malaise réel », une « crise politique et idéologique » qui fait risquer la crise institutionnelle à la Polynésie. « Nous craignons un impact sur  les affaires du pays. On ne pas tenir tous les discours à la fois, on ne peut pas gouverner un pays en restant dans une posture permanente de contestation. On ne peut pas appeler à l’unité tout en laissant se développer des fractures internes si visibles », insiste Édouard Fritch qui accuse même les bleu ciel « d’empoisonner le Pays » avec leurs divisions. D’autant que d’après lui, les mouvements d’élus ne font que commencer : « Il y a une scission réelle et je pense que, des échos que nous avons d’en face, effectivement, ils vont constituer un nouveau groupe, un Tavini Huiraatira bis, je ne sais pas. Mais vous avez vu le nombre de places libres ce matin… Je pense que le groupe est en train de se monter ».

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Une demi-douzaine d’élus bleu ciel étaient effectivement absents de l’assemblée en début de séance, dont Tematai Le Gayic et Odette Homai, mais aussi, Teumere Atger-Hoi, Béatrice Flores-Le Gayic, Pierre Terou, Tevahiarii Teraiarue, ou Ernest Teagai. Dans le groupe Tavini, on indique que beaucoup de ces représentants avaient prévenu et justifié à l’avance de leur absence, et on se souhaite pas commenter davantage les propos d’Édouard Fritch.

« C’est le jeu politique »

Dans le groupe Tavini, seul Oscar Temaru prendra la parole en réponse au président du Tapura, pas pour contre-attaquer, mais pour réaffirmer sa ligne politique. Seule la souveraineté peut améliorer la situation économique de la Polynésie, réduire la dépendance aux importations ou développer le tourisme, bloqué aujourd’hui par les « visas » français. Maohi Nui doit être libérée, comme « De Gaulle a libéré la France », explique le chef de file bleu ciel, qui a répété que, sans basculement institutionnel, c’est Emmanuel Macron, et demain Marine le Pen qui dirigent réellement la Polynésie. Oscar Temaru, qui a expliqué avoir envoyé une lettre à Gaston Flosse sur le même sujet, a même appelé Édouard Fritch à s’unir avec le Tavini pour donner sa souveraineté à la Polynésie. Ce à quoi le président du Tapura lui a conseillé de « mettre de l’ordre dans sa famille, avant de parler d’indépendance ». « Il est pressé, mais son président du Pays ne va pas dans le même sens, il veut prendre tout son temps et discuter. Mettez vous d’accord, déposez un dossier, et nous on viendra discuter avec vous ».

Moetai Brotherson, qui avait affirmé sur notre antenne avoir demandé à Oscar Temaru une clarification de la ligne du parti, mettant en garde contre d’éventuels nouveaux départs d’élus, est quant à lui, resté plutôt à l’écart du débat ce vendredi. Il a seulement renvoyé les autonomistes à leurs propres divisions passées et à ses propres échecs – ou en tout cas ceux des élus soutenus par le parti rouge – à Papeete, Papara ou Tumaraa. « C’est toujours très amusant d’entendre le président du Tapura analyser les états d’âme et la santé politique du Tavini. Il oublie au passage de préciser que le Tapura a perdu dans trois communes importantes de notre pays. Mais ça, c’est le jeu politique ».

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Après la session, Édouard Fritch a réuni l’essentiel de son groupe à l’assemblée pour encore une fois se féliciter, en vidéo, des élections et réélections de ses membres, pour remercier et s’adresser aux électeurs. Il s’agit, bien sûr, de resserrer les rangs, et de tourner le discours, comme au soir du premier tour, vers les territoriales de 2028 : « Nous devons regarder devant, nous devons déjà regarder le renouvellement des membres de l’assemblée et bien sûr que nous serons tous là à la disposition du parti pour se battre et gagner et être l’alternative attendue par les Polynésiens ».