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Édouard Fritch : « Je pense pouvoir mieux servir le Tapura et mon pays en étant au Sénat »


Alors que le Tapura lui avait confié le soin d’arbitrer l’investiture aux sénatoriales, Édouard Fritch a proposé sa propre candidature, validée à l’unanimité du conseil politique ce jeudi soir. Le président du parti se présentera aux côtés de Lana Tetuanui au scrutin du 27 septembre, avec comme suppléants Tepuaraurii Teriitahi et Evans Haumani. L’ancien président du Pays, de l’assemblée et ancien député, âgé de 74 ans, estime que son mandat national va « laisser de la place disponible » pour faire monter des figures autonomistes plus jeunes, mais il compte tout de même diriger la « reconstruction de l’armée du Tapura » pour les territoriales. Quant à son mandat tout juste renouvelé de tavana, qu’il devra abandonner en cas de victoire, il compte le transmettre à une « forte tête », pas encore désignée.

Quelques sourires, mais peu de surprise sur le visage des cadres du Tapura, à la sortie de la mairie de Pirae ce jeudi soir. Édouard Fritch, à qui le conseil politique avait confié le soin d’arbitrer une course à l’investiture dans l’impasse la semaine dernière, a proposé sa propre candidature pour les sénatoriales de septembre. Et le parti autonomiste l’a accepté à l’unanimité. Le président du parti, actuel représentant à l’assemblée et maire de Pirae, ancien chef du gouvernement, ancien président de l’assemblée, et même ancien député – brièvement, mais à deux reprises, entre 1986 et 1988 et entre 2012 et 2014 – se présentera donc bien aux côtés de Lana Tetuanui devant les grands électeurs pour un siège au Palais du Luxembourg.

« Orava Guénin, c’était le plan B »

Courant avril, le Tapura avait annoncé qu’il ne soutiendrait pas la réelection de Teva Rohfritsch, qui avait quitté le parti en 2023, et un comité d’investiture, réunissant l’essentiel des tavana rouge du pays, avait été mis sur pied pour trouver un « binôme » à Lana Tetuanui, dont l’investiture était déjà actée. Plusieurs candidats avaient, courant mai, été auditionnés : le maire de Tahuata Félix Barsinas, les anciens ministres Heremoana Maamaatuaiahutapu, René Temeharo, Jean-Christophe Bouissou et Luc Faatau, ainsi qu’Orava Guénin, une des chevilles ouvrières du parti à l’assemblée depuis de longues années. Le militant de 36 ans semblait avoir les faveurs du comité, qui voyait dans son investiture un signal de renouvellement des visages du Tapura. Sauf qu’Édouard Fritch avait lui aussi mis son nom dans la course. Certains cadres du parti soutenaient d’avance la candidature de leur chef de 74 ans, privilégiant l’expérience pour le Palais du Luxembourg, tandis que d’autres jugeaient inopportun de le voir prendre des responsabilités à Paris à l’approche des territoriales et démissionner de son poste de maire de Pirae quelques mois après une élection.

Édouard Fritch avait lui-même confié son hésitation, annonçant même, courant mai, qu’il préférait rester suppléant de Lana Tetuanui. Une indécision qui en avait lassé quelques-uns et qui avait poussé le conseil politique à lui remettre le choix entre les mains, la semaine dernière. « Le plan A a toujours été le président Fritch s’il maintenait sa candidature, dit aujourd’hui Tepuaraurii Teriitahi, membre du conseil et du comité d’investiture. Par contre, s’il ne maintenait pas sa candidature, et il y avait un doute puisque certains souhaitaient qu’il reste au fenua et qu’il n’aille pas à Paris, à un moment on avait préparé un plan B », Orava Guénin. « Aujourd’hui, puisqu’il nous a confirmé sa candidature, plus de discussions, le conseil politique l’a plébiscitée », explique la maire de Paea, choisie par Édouard Fritch comme suppléante pour le scrutin de septembre.

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Lana Tetuanui aura aussi un tavana comme suppléant, en la personne du maire de Moorea Evans Haumani, dans ce scrutin sans circonscription. La sénatrice sortante salue les « autres candidatures qui n’ont pas démérité » et appelle à « l’union des autonomistes » le 27 septembre :

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Statut, contrats avec l’État… « Tout cela nécessite de l’expérience »

Le Tapura a-t-il abandonné, ce jeudi soir l’idée d’un renouvellement politique ? Tout le contraire, répond Édouard Fritch. Certains « se rendent compte » que ses missions à Paris vont « laisser de la place disponible dans la carte politique du pays ». L’ancien chef du gouvernement n’a toutefois pas renoncé à « reconsturire » lui-même « l’armée du Tapura » en vue des territoriales. Il dit même qu’il pourrait « toujours porter la liste du Tapura », sans pour autant être candidat à la présidence.

Un mandat à Paris laissera aussi « de la place disponible » à Pirae, où il ne pourra rester tavana – ou même membre de l’exécutif – en cas d’élection. Aux électeurs de la commune, qui l’ont réélu avec près de 60% des voix le 15 mars, le tavana  assure qu’il « continuera à travailler pour Pirae » et qu’il « restera auprès d’eux ». C’est aussi le discours qu’il tient aux militants du Tapura qui pourraient voir dans cette candidature à un mandat de six ans à Paris une pré-retraite dorée. « En regardant bien les choses, je pense pouvoir mieux servir le Tapura et mon pays en étant au Sénat, assure-t-il. D’autant qu’au Sénat, il y a aussi beaucoup de choses à faire sur le statut d’autonomie, sur la préparation de nos conventions avec l’État, des contrats avec l’État, parce que tout cela nécessite de la préparation et nécessite surtout de l’expérience ».

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Une « forte tête » pour Pirae

Le président de parti, représentant, maire et désormais candidat rappelle tout de même qu’il n’est pas encore élu. Malgré les confortables effectifs de conseillers municipaux – et donc de grands électeurs – Tapura, « il faut faire campagne ». « Je le disais au conseil politique : on n’est jamais sûr d’un résultat, y compris quand il n’y que 700 électeurs ». Édouard Fritch, qui devra faire face à plusieurs candidatures concurrentes, celle de Teva Rohfritsch, mais aussi du côté de A here ia Porinetia et probablement A Fano Tia, compte bien multiplier les déplacements dans les trois mois à venir, entre autres pour parler aux élus municipaux autonomistes « qui ne sont pas forcément Tapura ».

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Quant à savoir qui le remplacera à la mairie de Pirae, Édouard Fritch dit ne pas avoir choisi et devoir en parler avec le conseil municipal. « Pirae c’est du sérieux. Pirae, actuellement, c’est 8 milliards d’investissements en cours, dit-il. On va lancer le centre-ville. Nous sommes en train de préparer l’assainissement. Il faut mettre une forte tête à la commune de Pirae. Il faut surtout mettre quelqu’un qui aime cette commune ».