EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

En Polynésie aucune raison d’être « gilet jaune ». Vraiment ??… – EDITO 14/12/2018

J’ai une pensée compatissante pour tous ceux qui sont restés coincés plusieurs heures dans les embouteillages sur la côte ouest hier matin. Certains ont même rebroussé chemin pour faire le tour de l’île et passer par l’Est pour rejoindre Papeete. Si ça ce n’est pas faire preuve d’abnégation pour rejoindre son poste … chapeau. Quotidiennement c’est pourtant ce que vivent encore des milliers de métropolitains mais à cause du mouvement des gilets jaunes. Chez nous il en est apparu mais pour débloquer la route et arranger le poteau électrique qui manquait de s’affaisser, sauf qu’ils étaient portés non pas par des contestataires mais par des employés d’EDT.

C’est finalement étonnant que ce mouvement national ait connu un si faible écho sous nos latitudes. A croire que les polynésiens ont une capacité de résignation ou de résilience, au choix, absolument inouïe. Pourtant la lutte pour améliorer son pouvoir d’achat ne devrait pas avoir de frontières. Quand on voit ce que l’on met dans son caddie pour 10 000 Fcp par rapport à une somme identique dépensée dans l’hexagone il y a pourtant de quoi grincer des dents, voire même se péter la mâchoire à force de la serrer.

On veut d’un côté sensibiliser au manger local, à faire attention à sa santé, pour lutter contre l’obésité et de l’autre on remarque que pour nourrir une famille nombreuse dans ce pays quand on a des revenus très bas, il faut souvent se contenter de manger  … de la merde, comme dirait le regretté Jean-Pierre Coffe.

Du, entre guillemets, « jambon » premier prix tellement artificiellement rose et a l’aspect plastifié que vous pourriez en coller des tranches au mur pour faire le papier peint d’une chambre de bébé, à coups sûrs ça donnerait le change. Du poulet congelé en caisse de dix kilos dont les cuisses sont quasiment aussi grosses que des gigots d’agneau, pour des bêtes qui n’ont jamais vu la lumière du jour et qui ont été bourrées d’antibiotiques.

On laisse de véritables conglomérats de vente au détail se créer et comme leur position dominante sur le marché ne semble pas suffire, dans un énième reniement de tout sens commun on les laisse maîtriser encore un peu plus la chaîne alimentaire en investissant dans le végétal et l’animal. Bah c’est que tout doit aller bien. Comme le fait de payer plus de 30 000 Fcp d’électricité par mois dans un F4 sans qu’on ait le sentiment de faire particulièrement des abus …

Non en effet je vais m’arrêter là, on a sans doute aucune raison de porter un gilet jaune dans ce pays.

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2 Commentaires

  1. motook
    17 décembre 2018 à 8h54 — Répondre

    Quand est-ce que les autorités vont comprendre ? Lorsque le smig augmente de 2%, les prix augmentent de 3% ou plus. Ce n’est plus possible, ni pour les entreprises, ni pour les salariés. Il faut arrêter la course folle et, au lieu d’augmenter les salaires, augmenter le pouvoir d’achat. Comment ? Il ne s’agit pas de fixer les prix, ce qui n’est pas le rôle du gouvernement, mais de plafonner les marges. Lorsque l’on voit sur certains produits des marges de 300 à 1 000% (si, ça existe !), il semble évident qu’il y a des abus.

  2. Suzanne WILLIAMS
    27 décembre 2018 à 7h21 — Répondre

    Et pourtant on est moins gâtés qu’en France…. pouvoir d’achat quasi inexistant sauf si tu vis chez papa et maman

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En Polynésie aucune raison d’être « gilet jaune ». Vraiment ??… – EDITO 14/12/2018