
Quels chiens ont tué, à Vairao ? C’est une question toujours en suspens dix jours après le drame. Le 27 avril, un enfant de deux ans est décédé à la suite de plusieurs morsures alors qu’il se trouvait chez sa nourrice sans surveillance. Le bambin avait été déposé près de l’entrée de la maison par sa mère, à une heure où la nourrice était, d’après son témoignage, toujours endormie. C’est elle qui avait découvert l’enfant agonisant plus tard dans la matinée. Les secours n’avaient pas réussi à le réanimer.
L’enquête a déjà confirmé que le décès est bien dû aux morsures de chiens, mais il est encore difficile de savoir lesquels. La procureure Solène Belaouar confirme que cinq chiens étaient alors sous la responsabilité de la nourrice. « Il y a de nombreuses morsures, explique-t-elle. Les prélèvements ont été faits sur les différents chiens à domicile, ça risque de prendre un petit peu de temps », explique Solène Belaouar, qui ne précise pas, à ce stade, si les chiens en question présentaient des traces de sang.
Si ces prélèvements n’établissent pas de lien entre un de ces chiens et les morsures mortelles, l’affaire pourrait se révéler plus complexe. « C’est comme ça qu’on avait eu des difficultés sur d’autres enquêtes », précise la magistrate. L’implication de chiens errants ou en divagation n’est donc pas exclue. Une hypothèse qui soulèverait des questions sur la responsabilité de la commune, en l’occurrence Taiarapu-Ouest. « La responsabilité de la mairie, c’est une question qu’on s’est déjà posée dans d’autres affaires », relate de son côté Solène Belaouar. « Dans l’absolu, on n’a jamais eu le cas en Polynésie, enfin pas à ma connaissance. Mais si des chiens déjà signalés comme dangereux, qui auraient déjà mordu, avec signalement à la ville, et que cette dernière n’avait rien fait et qu’il survient à nouveau un accident, on pourrait aller rechercher sa responsabilité », prévient le parquet.
Mais l’enquête porte aussi sur les responsabilités des gardiens du mineur victime. Ils ‘agit de savoir « qui a fait quoi et dans quelle mesure ça a entraîné ce qui s’est passé. Ce n’est pas que la responsabilité du propriétaire du chien », souligne la procureure.
À ce stade, l’enquête est toujours menée en recherche des causes de la mort, explique encore Solène Belaouar, qui précise « qu’il n’est pas exclu qu’on saisisse un juge d’instruction pour mener des investigations de manière un peu plus approfondie ». « Il y a déjà une responsabilité morale forte de la part de la mère, et puis sans doute aussi d’ailleurs de la nounou, donc tout ça nécessite d’avancer prudemment » précise Solène Belaour.