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Englué dans les affaires, Fillon appelle Sarkozy à la rescousse

Paris (AFP) – Toujours englué dans le « Penelopegate » et en nette baisse dans les sondages, François Fillon a déjeuné à sa demande mercredi avec Nicolas Sarkozy, à la recherche du soutien de l’ex-homme fort du parti Les Républicains pour calmer la fronde dans son camp.

Le déjeuner, dans les locaux parisiens de l’ex-chef de l’Etat, s’est « très bien déroulé, dans une ambiance chaleureuse », a assuré l’entourage du candidat de la droite à la présidentielle. 

« Il est normal de faire un point avec l’ancien président dans le contexte d’une situation générale politique, économique, sociale, internationale extrêmement difficile », ajoute-t-on de même source, en précisant que M. Fillon a également eu son autre rival de la primaire, Alain Juppé, mercredi matin au téléphone.

Ironie de l’histoire, François Fillon avait fait de la critique des déboires judiciaires de l’ancien chef de l’Etat un axe de sa campagne à la primaire: « Imagine-t-on le général De Gaulle mis en examen ? », avait-il lancé.

M. Fillon devait faire une déclaration à son arrivée en fin d’après-midi, à Compiègne, où il animera une table ronde sur la sécurité avant de tenir un meeting.

Selon des sources LR, le tête-à-tête visait aussi à un donnant-donnant: une aide de Nicolas Sarkozy à François Fillon contre l’engagement de ce dernier à prendre François Baroin à Matignon.

Hasard ou pas, le sénateur-maire LR de Troyes devait pour sa part rencontrer M. Sarkozy en fin d’après-midi.

Il y a urgence: à 69 jours du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat de la droite est dans une position dangereuse. Selon les sondages, il n’arriverait que troisième au premier tour, et serait donc éliminé, les deux finalistes, selon les mêmes sondages étant Marine Le Pen, la présidente du Front national, et Emmanuel Macron.

Sa cote de popularité a également chuté: 19 points en un mois, 26% de Français ayant désormais une bonne opinion de lui, selon un sondage Ifop-Fiducial publié mercredi.

Autre souci pour le candidat: la fronde d’une vingtaine de députés sarkozystes dénonçant « l’impossibilité » pour eux de faire campagne en raison de ses ennuis judiciaires.

– Plan B comme Baroin ? –

Mercredi, l’un d’entre eux, George Fenech, a de nouveau exprimé ses craintes, en dénonçant, sur Radio Classique, un « bal des hypocrites » d’une majorité de parlementaires de droite, qui n’osent pas « dire la vérité » au candidat Fillon. « On va tout droit dans le mur », s’est inquiété le député du Rhône.

La veille, François Fillon, de retour d’un déplacement de trois jours à La Réunion, avait pourtant essayé de désamorcer la grogne, mettant les élus en garde: « le retrait de ma candidature créerait une crise majeure » car il n’y a « pas de solution alternative meilleure ».

« Fillon a besoin de Sarkozy pour trois raisons », a expliqué à l’AFP un élu LR: l’ex-chef de l’Etat peut calmer les « frondeurs », il jouit toujours d’une « grande popularité chez les militants LR », il a totalisé près d’un million de voix au premier tour de la primaire « dont Fillon ne peut pas se passer ».

« On est passé de +tout sauf Sarkozy+ à +SOS Sarkozy+ », a ironisé le patron des députés PS, Olivier Faure. Dans un tweet, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a, lui, asséné: « La reconstitution de l’axe Fillon/Sarkozy marginalise @alainjuppe. Et voilà @francoisbaroin intronisé Premier ministre ».

De fait, croit savoir un élu LR, « en toute logique, Sarkozy demande quelque chose en échange: Matignon pour François Baroin ».

D’autres élus LR interrogés par l’AFP évoquent également « un plan B comme Baroin ».

« Mais ça coince chez les fillonistes », dit l’un d’entre eux. « D’abord, parce qu’ils considèrent que ce sont Sarkozy et Baroin précisément qui ont réclamé un plan B pour remplacer Fillon comme candidat lorsque le Penelopegate a débuté. Ensuite, ils arguent que Sarkozy n’a fini que 3e à la primaire, derrière Fillon et Juppé, et qu’enfin, il existe des divergences entre eux ». 

Exemple: la hausse de deux points de la TVA programmée par le candidat Fillon, à laquelle Baroin se dit opposé dans le livre qu’il publie mercredi, « Un chemin français » (Lattès). 

François Fillon à Saint-Denis sur l'île de La Réunion le 13 février 2017. © AFP

© AFP/Archives Richard BOUHET
François Fillon à Saint-Denis sur l’île de La Réunion le 13 février 2017

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1 Commentaire

  1. Iritahua
    16 février 2017 à 7h08 — Répondre

    Quand deux magouilleurs se réunissent, qu’est ce qu’ils racontent.

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