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Environnement : la Fape mobilise le privé pour faire avancer ses projets


La Fédération des associations de protection de l’environnement Te ora Naho a présenté mardi les premiers lauréats de son fonds Natura Porinetia, tout juste créé grâce aux dons d’entreprises locales. Protection des dauphins de Rangiroa, sauvegarde des oiseaux à Toahotu, ressourcerie à Bora, réseau de jardins coralliens, création de circuits botaniques et pédagogiques à Moorea ou Raiatea… 3,4 millions de francs ont été redistribués à des associations membres de la fédération pour des actions ciblées. La Fape veut faire grossir la somme, avec de nouveaux mécènes locaux, mais aussi, pourquoi pas, internationaux.

Natura Porinetia, cela faisait « longtemps qu’on y pensait » à la Fape, et le travail a été concrètement lancé voilà un peu plus de six mois. Ce fonds d’aide aux associations environnementales est désormais créé, et, après un appel à projets auprès de la soixantaine de structures membres de la fédération, il a ses premiers lauréats, annoncés mardi dans le fare de Te Mana o te Moana, à l’Intercontinental de Faa’a.

Des donateurs demandeurs

Une étape importante pour la fédération Te ora Naho, qui sait que ses associations « ont toutes besoin de financement », et que les subventions publiques locales sont souvent loin d’être suffisantes pour mener à bien leurs initiatives et développer leurs actions. Il y a bien sûr les appels à projets régionaux, nationaux, internationaux ou européens pour compléter. « Mais c’est très compliqué d’y accéder, explique le président de la Fape Winiki Sage. Il faut savoir rédiger, il faut avoir des compétences scientifiques, il faut savoir présenter un compte d’exploitation, beaucoup sont en anglais… C’est pas toujours à la portée de tout le monde. On fait des formations pour accompagner, mais ça n’est pas toujours suffisant. C’est pour ça qu’on a fait un appel à projets beaucoup plus simplifié avec des formulaires. Et on a eu 17 propositions. Je pense que c’est une réussite ». 

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Côté donateur, on se retrouve aussi dans le projet. ATN, EDT, Pacific Beachcomber, Tahiti Tourisme, la Socredo, la TEP ou la TSP… Ces groupes privés, ou semi-publics, sont tous des mécènes ou des partenaires réguliers d’associations. Et ils sont très sollicités. S’ils ont accepté de mettre au pot, c’est pour bénéficier de l’expertise de la fédération sur la sélection des projets à soutenir. Pertinence scientifique, intérêt environnemental, viabilité pratique, coût… « On fait une première sélection qu’on soumet ensuite aux donateurs pour répartir les fonds », reprend Winiki Sage.

Cétacés, oiseaux, sentiers botaniques, flore endémique…

Au total, 4 millions de francs ont été récoltés cette année. La Fape, en accord avec les donateurs et ses associations, en conserve une partie pour assurer son propre fonctionnement et ce sont donc 3,4 millions qui sont injectés dans des actions très concrètes, et très ciblées. Les dauphins de Rangiroa pourront ainsi aménager un local près de la passe de Tiputa pour mener leurs conférences sur la protection de ces cétacés soumis à un important tourisme de plongée. Ia vai ma noa Bora Bora va faire former ses salariés au recyclage technique et textile, pour développer se ressourcerie durable, Tahei ‘auti ia Moorea va acheter du matériel du jardinage et concevoir un sentier pédagogique et son espace d’accueil autour du Uru. Toujours à Moorea, Oceania va poursuivre l’aménagement de son circuit d’observation des cétacés depuis la terre. L’association Tuahina a aussi besoin de nouveaux panneaux d’informations pour aider à la préservation des hauts plateaux de Raiatea et de sa flore endémique. Tama no te tairoto veut formaliser un protocole d’entretien d’un jardin coralien, sur la base de l’expérience Marc Cizeron à la Presqu’île et avancer vers un réseau de tels jardins tout autour du fenua. Quant à la Sop – Manu, elle, cherche à créer un centre de sauvegarde pour les oiseaux à Toahotu.

Objectif : des financements pérennes

Sept projets, donc, crédités chacun de 350 000 à 750 000 francs. « Ça n’est pas énorme, mais ça permet souvent de lancer les choses » explique Jean-Claude Foglia, le trésorier de la Fape et chef de projet pour le fonds Natura Porinetia. Cela permet aussi, souvent, de trouver d’autres partenaires qui exigent des cofinancements. La fédération Te ora Naho ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Non seulement son fonds doit être pérennisé dans le temps, mais il doit prendre de l’ampleur, pour atteindre une dotation de 10 à 20 millions de francs par an. Grâce à de nouveaux donateurs locaux, mais aussi, pourquoi pas, grâce à des mécènes extérieurs. « On participe à l’Unoc de Nice en juin, on a une équipe qui se déplace, et on va en profiter pour rechercher des partenaires. Notre objectif c’est d’avoir du financement pour un fonctionnement pérenne, de manière à avoir quelques salariés à temps plein, qui puissent nous épauler pour agir, reprend Jean-Claude Foglia. Sinon, c’est du coup par coup, chaque année, on se pose les mêmes questions : comment on va faire tourner la boutique ? L’objectif c’est le financement pérenne ».

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