EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Environnement : le « monde d’après » se fera sans nous – Edito 05/06/2020

En ce 5 juin nous fêtons la journée mondiale de l’environnement pour la 48ème année d’affilée. En 1972 pour la première fois une conférence internationale était organisée sous l’égide des nations unies. On prenait conscience que l’humanité industrialisée devenait une menace pour toute la biosphère y compris notre propre espèce. Le sujet a mis un bon moment avant de faire les gros titres, et ce furent souvent par le biais d’actions coups-de-poing réalisées par des extrémiste du Green qui attiraient l’attention et s’avéraient au final relativement contreproductives tant l’opinion publique n’était alors pas en mesure de comprendre les fondements d’une colère qui semblait ne pouvoir exister sans violence.

J’ai l’impression, peut être vous aussi qui êtes de ma génération, qu’on a grandi dans un monde où ça faisait bien de parler de protection de l’environnement une fois l’an et de dodeliner en prenant un air contrit lorsque des sachants jouant les faux types simples et accessibles venaient étaler leur science en classe ou à la télé. On avait pris l’habitude année après année de prendre notre dose, de feindre la repentance et de s’autoconvaincre qu’on serait « caps » de se tenir à ces résolutions ambitieuses dans lesquelles on se projetait la larme à l’œil pour le bien commun … pendant cinq minutes. Fallait pas les chercher sur Mars, les petits hommes verts en fait c’était nous.

Et puis, « j’y pense et puis j’oublie, c’est la vie, c’est la vie ». Ceux qui étaient en âge de nous contraindre à changer nos modes de production et de consommation ont fait la grève d’un zèle qui avait le potentiel de nous épargner des lendemains qui déchantent. Le message porté par ceux qui croyaient savoir n’était pas suffisamment bien calibré, pas suffisamment percutant pour provoquer au moment où cela avait du sens et du potentiel un changement de paradigmes pour nous remettre sur des rails salutaires pour notre survie.

On nous a bassiné, et c’est encore trop souvent le cas, avec le fait que la planète était en danger, qu’on lui faisait du mal. Mais je suis intimement persuadé que la planète elle s’en fout. Des changements climatiques, des périodes de glaciation, des extinctions d’espèces massives, des cataclysmes effroyables, elle en a connu d’autre. L’enjeu c’était de faire la seule chose qui fonctionne, parce qu’on est comme ça, nous faire peur à nous. Car ce n’est pas la planète qui est en danger, c’est tout simplement l’humanité qui est en péril et qui court à sa perte. Car la Terre voyez-vous, après nous, elle continuera de tourner, elle se reconstruira, différemment, avec d’autres espèces, dont sans doute une autre dans quelques millions d’années qui prendra notre relève, elle sera l’évolution du dauphin par exemple. Imaginez leur réaction si un jour leurs archéologues trouvent ce qu’il faut pour raconter notre histoire. Je pense qu’ils diront ça :  (bruitage de dauphin). Traduction : « Ah ouais quand même, qu’est-ce qu’ils étaient cons … ».

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2 Commentaires

  1. Ju
    6 juin 2020 à 20h21 — Répondre

    Pouce bleu ! (Ou vert…)

  2. vinot
    8 juin 2020 à 8h55 — Répondre

    Bravo Alexandre. J’aimerais ajouter tant de choses… Mais à quoi bon ?!!

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Environnement : le « monde d’après » se fera sans nous – Edito 05/06/2020