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Et si nous pouvions virer nos élus en cours de mandat ?… – Edito 22/06/2018

Fatalement quand vous êtes particulièrement mauvais dans votre communication, que vous êtes dans la justification fragile et discutable a posteriori, dans la réaction plutôt que dans l’anticipation, que vous laissez s’installer le malaise, l’incompréhension, que vous ne prenez pas en compte l’impact des réseaux sociaux, bref que vous êtes resté bloqué sur les vieilles méthodes d’une autre époque, il ne faut pas s’étonner du retour de bâton. Et celui-ci peut parfois être violent.

Aussi, quand les frustrations s’exacerbent les réactions peuvent parfois aller jusqu’à remettre en cause le bienfondé de laisser un élu, ou un groupe d’élus, terminer le mandat pour lequel on l’a élu. Cela rejoint un petit peu la proposition il y a quelques mois du député indépendantiste Moetai Brotherson qui souhaitait introduire dans le débat d’une prochaine réforme constitutionnelle le concept de révocation populaire afin d’écourter le mandat d’un député dans certains cas précis.

En effet, l’idée n’est pas saugrenue du tout, et mérite même de s’y pencher pour une éventuelle instauration au-delà de la simple sphère parlementaire nationale. Cela existe par exemple, excusez du peu, aux États-Unis, où l’équivalent d’un référendum révocatoire est de mise dans certains états. Il y est ainsi possible pour les citoyens d’y retirer son mandat à un agent public, y compris au niveau local. Les procédures ne sont pas partout les mêmes mais comprennent généralement des étapes communes telles que le dépôt préalable d’une pétition, sa mise en circulation, sa soumission à une commission électorale, et enfin selon le nombre de signatures recueillies, le vote.

On aurait pu croire que ce type de procédures qui pousse la démocratie et donc le pouvoir du peuple particulièrement loin, auraient dû depuis bien longtemps être instaurées au moins dans les pays d’Europe de l’ouest, mais il n’en est rien. Et les raisons régulièrement invoquées ne sont pas dénuées de sens. Imaginez un élu en permanence sur la sellette. Ne serait-il pas susceptible de vouloir jouer les populistes, à repousser les réformes et autres mesures les moins populaires juste pour s’assurer de conserver son siège sur la durée ?

Il y a néanmoins assurément une marge de manœuvre, un cadre à trouver où une série de motifs que l’on aurait listés avec toute la pondération qui s’impose, ouvrirait un nouveau champ des possibles. Et qu’on ne me fasse pas croire que ce qui existe dans une république telle que les États-Unis n’est pas peu ou prou adaptable à la nôtre. Il y a un juste milieu à trouver pour que nos institutions et nous-mêmes ne soyons pas mis en danger par un peuple qui remettrait tout en question tout le temps. Cela mérite débat, il est ouvert.

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