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Etats-Unis: nouvelles manifestations contre Trump, qui se fait moins radical

New York (AFP) – Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à défiler samedi aux Etats-Unis, pour la quatrième journée d’affilée, contre l’élection à la présidence de Donald Trump, qui semble assouplir ses positions et adoucir le ton.

« Pas de haine », « pas d’Amérique raciste », « Donald Trump doit s’en aller », scandaient des milliers de manifestants dans les rues de Chicago (nord), a constaté un journaliste de l’AFP.

A New York, quelque 15.000 personnes ont indiqué sur Facebook qu’elles participeraient aussi à un rassemblement à partir de midi (17H00 GMT) à Union Square, lieu emblématique de l’action civique dans cette ville.

Un nombre similaire de participants est attendu à Los Angeles (sud-ouest), à MacArthur Park, non loin du centre-ville, à 10H00 (18H00 GMT).

Vendredi, comme les jours précédents, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans le pays en réaction à l’élection de Donald Trump, président le plus âgé à entrer à la Maison Blanche (70 ans).

A New York, quelque 1.200 personnes, selon la police, se sont rassemblées à Washington Square, dans le quartier de Greenwich Village, pour soutenir les personnes et communautés attaquées par Donald Trump durant sa campagne. D’autres événements ont eu lieu dans une vingtaine de villes, notamment Miami, Boston, Atlanta et Los Angeles, où la police a procédé à 150 arrestations, selon des médias locaux.

A Portland, un homme a été blessé par balle dans des circonstances non précisées. Comme la nuit précédente, la police, visée par des projectiles, a eu recours à des gaz lacrymogène.

– Epingle à nourrice pour les minorités –

Un peu partout dans les grandes villes du pays, les manifestants s’inquiètent de la présidence d’un homme qui, durant sa campagne, s’en est pris aux Mexicains, aux immigrés sans papiers, mais aussi aux musulmans, et a tenu des propos sexistes envers les femmes.

Un mouvement, lancé via les réseaux sociaux, appelle à porter des épingles à nourrice pour afficher sa solidarité avec les minorités aux Etats-Unis.

Radical et clivant en campagne, le président élu a semblé mettre de l’eau dans son vin dans un entretien au quotidien Wall Street Journal (WSJ) publié vendredi, se posant en rassembleur.

« Je veux un pays où les gens s’aiment les uns les autres », a-t-il déclaré.

Quant à son programme, il a affirmé qu’il pourrait simplement « amender » la loi d’assurance-maladie surnommée Obamacare, dont il avait promis l’abrogation durant sa campagne. Cette législation a permis à 22 millions d’Américains d’avoir une assurance santé.

Donald Trump a aussi défini l’équipe de transition chargée de mettre sur pied, d’ici sa prise de fonction le 20 janvier, sa nouvelle administration.

Elle sera dirigée par son vice-président élu, Mike Pence, et forte de soutiens indéfectibles: l’ex-maire de New York, Rudy Giuliani, l’ex-président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, et un sénateur anti-immigration illégale, Jeff Sessions.

S’y ajoutent Steve Bannon, directeur général de sa campagne, et le président du parti républicain, Reince Priebus, tous deux pressentis pour devenir chef de cabinet du nouveau président.

Plus surprenant, trois enfants adultes de Donald Trump – Ivanka, Donald Jr et Eric – en feront aussi partie, ainsi que le mari d’Ivanka, Jared Kushner.

– ‘Vue différente sur la Syrie’ –

Beaucoup, sur sa liste, sont membres de l’establishment qu’il a tant décrié pendant sa campagne. Selon le New York Times, l’équipe comprend également plusieurs lobbyistes, dont le président élu à maintes fois critiqué l’influence.

Depuis vendredi, le milliardaire populiste est enfermé dans sa tour Trump à New York, où il a ses bureaux et sa résidence. Il va y rester tout le week-end, a précisé sa porte-parole, Hope Hicks.

Après avoir parlé avec la Britannique Theresa May et l’Israélien Benjamin Netanyahu, le président-élu s’est entretenu avec le président français François Hollande notamment de Syrie et de climat.

« J’ai une vue différente de beaucoup de gens sur la Syrie », a dit Donald Trump au WSJ, suggérant qu’il fallait lutter davantage contre le groupe Etat islamique. A chercher à remplacer Bachar al-Assad (la position jusqu’ici de Barack Obama et François Hollande), « nous allons finir par combattre la Russie », alliée de Damas, a-t-il jugé.

Vendredi, Barack Obama a une fois encore insisté sur la nécessité d’unir le pays, sorti de l’élection profondément divisé.

Comme pour faire écho à cette demande, Donald Trump n’a pas écarté la possibilité de demander conseil à l’ex-président Bill Clinton, sur la chaîne CBS.

Parmi les priorités des premières semaines figurent, outre la loi Obamacare, une baisse des impôts et la sécurisation des frontières contre la drogue et les immigrants clandestins, a indiqué Donald Trump, qui compte s’appuyer sur un Congrès majoritairement républicain.

Manifestants devant la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. © AFP

© AFP Bryan R. Smith
Manifestants devant la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016

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